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Cette enquête cyber française aboutit à une très lourde condamnation en Suisse

Un ressortissant ukrainien vivant en Suisse, accusé d’être le principal développeur des rançongiciels Lockergoga, Megacortex et Nefilim, vient d’être condamné à près de treize ans de prison.

On peut sabrer le champagne à l’office anti-cybercriminalité (Ofac). Cinq ans après avoir aidé à l’arrestation d’un suspect en Suisse dans le cadre d’une affaire de rançongiciel, ce dernier vient d’être condamné, ce 10 septembre 2026, à une peine de près de 13 ans de prison, rapporte la presse suisse.

A l’audience, au cours du mois d’août, l’accusation a présenté cet informaticien de 52 ans comme le principal développeur des rançongiciels Lockergoga, Megacortex et Nefilim, précise « Swiss info ». Il était également soupçonné, entre autres, d’avoir participé à une attaque informatique contre Stadler Rail en mai 2020.

Le constructeur de trains suisse avait alors été sommé de payer une rançon en bitcoin représentant l’équivalent de 6 millions de dollars. Autant d’attaques soldées, avait compté le ministère public, par un préjudice d’environ 100 millions de francs suisses (environ 106 millions d’euros).

Accusé d’extorsion, de piratage de données et de blanchiment, le prévenu a réfuté toute implication. La défense a également contesté la validité des preuves, en vain.

Un dossier auquel les policiers français avaient donné un sérieux coup de pouce. Outre l’entreprise spécialisée dans l’énergie Spie, le cabinet de conseil en ingénierie Altran avait en effet fait partie en janvier 2019 des cibles des trois rançongiciels précédemment évoqués.

L’enquête française avait alors permis de remonter à un suspect, l’informaticien vivant en Suisse. Ils avaient d'abord identifié un serveur de commande et de contrôle situé en France, loué à des tiers par un ressortissant ukrainien, avant de suivre les traces des paiements de rançon.

Les policiers français avaient ainsi réussi à cartographier l’infrastructure criminelle, basée notamment sur l’utilisation du cheval de Troie Trickbot et des outils de test d’intrusion Cobalt Strike. Ce coup de filet international avait également permis la publication d’un déchiffreur du rançongiciel LockerGoga.

On ignore si l’informaticien a fait appel de la décision du tribunal suisse. Ce dernier était également visé à son arrestation en octobre 2021 par une demande d’extradition française: le champagne pourrait prochainement devoir être ressorti.

Les pirates réclament une grosse rançon à leurs homologues, des spécialistes de l’extorsion.

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