Marshall renouvelle sa gamme d’enceintes Bluetooth résidentielles. Des enceintes branchées sur secteur, conçues pour être écoutées dans un salon ou une chambre, avec des haut-parleurs plus gourmands en énergie, capables d’un son plus dense et plaisant. La Stanmore, c’est l’étage du milieu, plus grosse que l’Acton, plus raisonnable que la Woburn.
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La Stanmore IV est la quatrième itération du modèle et les changements sont majeurs. 110 W d’amplification, un évent bass-reflex redessiné, des tweeters à guide d’ondes, le Bluetooth 5.3 avec LDAC et l’Auracast, et une fonction d’ajustement automatique du son pour produire un équilibre constant, quel que soit le volume. Sur le papier, c’est une mise à jour particulièrement importante pour la gamme Stanmore.
Ce test a été réalisé avec une enceinte prêtée par Marshall.
Le format est carré, ramassé, inspiré des amplis de la maison. La face avant est habillée d’un tissu acoustique tressé poivre et sel, pas de la grille métallique des enceintes nomades de la marque, conçue pour encaisser les chocs. C’est classe, sobre, ça fait « objet qu’on a envie d’exposer ». D’ailleurs, Marshall indique que l’enceinte est conçue et développée en Suède ; la marque y possède bien son bureau d’études pour sa gamme résidentielle, ce qui explique sans doute ce côté design nordique de la face avant.
Le reste du châssis est recouvert d’un PVC imitation cuir grainé, convaincant au toucher. Et puis il y a cette plaque supérieure, couleur laiton, de l’aluminium anodisé plutôt que du laiton véritable, mais l’effet est là. C’est sur cette plaque que tout se passe.
Sur le dessus, on retrouve la panoplie complète de commandes physiques :
À l’arrière… rien, ou presque. L’alimentation secteur et l’entrée RCA ont été déportées sous l’enceinte, avec l’évent bass-reflex. L’idée : des câbles invisibles et la possibilité de coller l’enceinte au mur sans dégrader le son en bouchant le tube de sortie des basses fréquences. C’est malin pour l’intégration.
Côté dimensions, la Stanmore IV mesure 350 × 203 × 185 mm pour 3,99 kg. C’est clairement une enceinte de meuble ou d’étagère.
La Stanmore IV n’est pas résistante à l’eau : pas de certification IP. C’est une enceinte d’intérieur, point.
Enfin, petit mot sur la durabilité : le coffret est en MDF certifié FSC, l’enceinte contient 16 % de matériaux recyclés, et les boutons, pieds et grille sont disponibles en pièces détachées.
Sous le tissu, la Stanmore IV embarque une configuration deux voies, avec des transducteurs dédiés aux sons graves et aigus :
Soit 110 W au total, contre environ 80 W sur la Stanmore III. Les guides d’ondes, c’est la nouveauté clé : ils élargissent la dispersion des aigus pour élargir la scène sonore et couvrir la pièce plus uniformément.
Le tube-évent bass-reflex (qui sert à renforcer les basses fréquences), lui, a été redessiné avec une forme plus aérodynamique pour améliorer la circulation de l’air et réduire le bruit de souffle à haut volume.
Marshall annonce une réponse en fréquence de 36 Hz à 38 000 Hz et un niveau maximal de 97 dB SPL à 1 mètre. Des chiffres que nos mesures vont venir confirmer, on y revient plus loin. Mais pour contextualiser, 36 Hz est un grave très profond, façon salle de cinéma, tandis que les 38 kHz couvrent les sons aigus au-delà des limites de l’audible. Quant aux 97 décibels, c’est un niveau sonore qui interdit de tenir une conversation pendant qu’on écoute l’enceinte à pleine puissance.
Grosse évolution cette année : la Stanmore IV passe au Bluetooth 5.3 et ajoute le LDAC, le codec haute résolution de Sony, en plus du SBC et de l’AAC. Elle embarque aussi le LC3 et l’Auracast, ainsi que le multipoint pour rester connectée à deux sources à la fois.
L’Auracast, concrètement, permet d’intégrer la Stanmore IV à une configuration multi-enceintes synchronisées avec d’autres modèles Marshall compatibles. Les propriétaires de Stanmore III ou d’Acton III ne sont pas laissés de côté : le hub Heddon de Marshall (199 euros) permet de les intégrer à la diffusion. Ce n’est pas du multiroom Wi-Fi à la Sonos, mais c’est un vrai pas vers la maison connectée.
L’application Marshall permet toujours les mises à jour de l’enceinte, et on retrouve les réglages graves/aigus doublés de préréglages d’égalisation personnalisables (5 bandes), assignables au bouton M. On a largement de quoi faire pour ajuster le son à ses goûts.
La fonction vraiment utile, c’est toujours la compensation de placement : une enceinte posée au bord d’un meuble, collée à un mur, calée dans un coin ou posée au sol ne sonne pas pareil qu’une enceinte libre au milieu d’une étagère. Dans l’application, on indique où est posée la Stanmore IV, et l’électronique adapte la restitution. Avec l’évent désormais placé sous l’enceinte, le placement contre un mur est beaucoup moins pénalisant qu’avant.
La signature sonore évolue selon le volume d’écoute. Moins on écoute fort et plus l’enceinte génère basses fréquences, afin de compenser notre faible sensibilité aux sons graves à faible volume. Cette Dynamic Loudness fonctionne automatiquement, sans qu’on puisse la désactiver et ce n’est vraiment pas gênant. À la rigueur, si l’on trouve que l’enceinte est trop généreuse en basses fréquences, on peut tourner le potentiomètre de graves pour ajuster à ses goûts.
J’ai mesuré la Stanmore IV à deux niveaux d’écoute : la courbe rose correspond à un volume élevé (le pic à 97 dB rejoint exactement le SPL maximal annoncé par Marshall), la courbe bleue à un volume modéré. Ces deux courbes témoignent du soin apporté par la marque.
Le grave : ça descend, et ça tient. En dessous de 40 Hz, la courbe plonge, mais à 40 Hz, le niveau est encore très élevé. L’extension annoncée à 36 Hz est bien réelle : il y a de l’infra-grave dans cette enceinte, ce qui est remarquable. On monte ensuite vers un large sommet autour de 80-100 Hz : c’est lui qui donne l’impact, le punch. Le grave de la Stanmore IV n’est pas un grave d’enceinte nomade, il est très supérieur : il descend, pèse et frappe.
Le médium : solide et projeté. Entre 200 et 700 Hz, le plateau est régulier, avec de légères ondulations mais une tendance parfaitement tenue : pas de masquage, pas de creux. Puis, après un léger repli vers 900 Hz, on observe un pic de présence autour de 1 500-1 800 Hz, le point le plus haut de la courbe à fort volume. C’est lui qui fait porter les voix, qui donne de l’articulation et de la lisibilité au message sonore. Les voix ne sont pas noyées dans le grave : elles sont devant, présentes, vivantes.
L’aigu : lissé, jamais agressif. De 2 à 6 kHz, la courbe descend progressivement, puis marque un vrai creux vers 6-7 kHz. C’est la zone des sibilances, des « s » qui sifflent, de l’agressivité. En la maintenant sous contrôle, Marshall obtient un aigu doux, soyeux, non fatigant, même à fort volume. Et pour ne pas tomber dans l’excès inverse, un son mat, éteint, une bosse de brillance vers 12-15 kHz vient remettre de l’air, du contour, du détail dans les cymbales et les harmoniques. C’est elle qui fait que le son « respire ».
Deux volumes, deux équilibres : le Dynamic Loudness en action. Comparez les deux courbes : à volume modéré (bleue), le grave et l’extrême aigu sont nettement renforcés par rapport au médium, c’est la compensation de la sensibilité de l’oreille, le fameux effet loudness. À volume élevé (rose), l’équilibre se recentre : le grave reste puissant mais l’extrême grave est légèrement contenu pour protéger le woofer, et l’aigu reste en retrait pour ne jamais devenir agressif. Résultat : à tous les volumes, l’impression d’équilibre est là. C’est exactement ce que promet Marshall, et c’est mesurable.
Avec ses 110 W et son woofer de 13 cm, la Stanmore IV atteint 97 dB à 1 mètre en pointe. C’est énorme pour une enceinte de cette catégorie, et ça change tout : là où une Acton III commence à souffler dans un grand salon, la Stanmore IV garde de la marge. Le grave reste tendu, l’aigu propre, la dynamique intacte. L’évent redessiné fait son travail : pas de souffle audible, pas de traînage, même poussée fort.
Les tweeters à guides d’ondes ne sont pas qu’un argument marketing. La scène sonore de la Stanmore IV est nettement plus large que celle de la génération précédente et que celle d’une Acton. Le son déborde du coffret, il y a une vraie largeur, une sensation d’espace qui s’installe dans la pièce. On reste sur un monobloc, on n’aura jamais la largeur de deux enceintes espacées de trois mètres, mais pour la première fois sur une enceinte Marshall de cette gamme, on oublie régulièrement qu’on écoute une seule boîte.
La Stanmore IV est taillée pour les vrais salons : 25 à 40 m². C’est là qu’elle a du sens, c’est là qu’elle remplace sans rougir un petit système hi-fi. Dans une chambre ou un bureau de 12 m², elle fonctionnera très bien, mais sera à l’étroit et vous n’exploiterez jamais sa réserve de puissance. Dans cette configuration, l’Acton IV est plus indiquée.





