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Le terme n’est pas nouveau, mais il revient en boucle en cette rentrée 2026.
Principale raison ? La démission ultramédiatisée de Jacob Coxon, ex-chercheur d’OpenAI et Anthropic, qui a annoncé son départ sur X le 8 septembre en accusant ses deux anciens employeurs de se lancer dans une course vers une superintelligence auto-améliorante, en jouant avec nos vies.
Depuis, les débats sont acharnés sur X, certains saluant la prise de parole du chercheur, d’autres l’accusant de catastrophisme, sans données concrètes sous la main.
Rapidement, Jacob Coxon devient l’une des figures d’un mouvement plus large, présent depuis plus de 15 ans dans l’écosystème mais qui prend de l’ampleur à mesure que les évolutions de l’IA s’accélèrent.
Si l’on devait trouver un équivalent en français, on pourrait parler des « Cassandre » de l’IA, en référence à la figure de la mythologie grecque condamnée à prédire l’avenir sans jamais être crue par son entourage.
Car au-delà d’être tombé dans la culture mème d’Internet et d’avoir été appliqué à d’autres angoisses collectives (climat, effondrement économique, etc.), les doomers représentent un réel courant de chercheurs et d’observateurs convaincus que l’intelligence artificielle générale (AGI), ou une IA suffisamment avancée, représente un risque existentiel pour l’humanité. Pas seulement des biais, du chômage technologique ou de la désinformation, donc, mais un scénario où une machine surpasserait nos capacités de contrôle, avec des conséquences potentiellement irréversibles.
Une des figures tutélaires du mouvement reste Eliezer Yudkowsky, fondateur du Machine Intelligence Research Institute, qui défend depuis près de deux décennies l’idée qu’une superintelligence mal alignée sur nos valeurs pourrait être fatale. Pas par malveillance, mais simplement en poursuivant un objectif mal calibré jusqu’au bout.
Des figures plus institutionnelles ont depuis rejoint ce constat d’alarme, sans pour autant partager le fatalisme le plus radical de Yudkowsky. C’est le cas de Geoffrey Hinton, figure centrale de l’apprentissage automatique (deep learning), qui a quitté avec fracas son poste chez Google pour pouvoir alerter librement sur les dangers de la technologie qu’il a lui-même contribué à créer. Ou encore de Yoshua Bengio, autre père fondateur de l’IA.
Mais voilà, depuis quelques mois maintenant, le clivage ne se joue plus seulement entre chercheurs indépendants et industrie.
Plusieurs dirigeants de la Silicon Valley soufflent le chaud et le froid, finançant la course à l’IA tout en adoptant une rhétorique de doomers.
C’est notamment le cas d’Elon Musk, Sam Altman, ou encore Dario Amodei, qui, à coups de communication alarmiste (non sans intérêt ?), alimentent régulièrement les craintes autour de l’évolution des IA, notamment depuis l’avènement de l’IA agentique, ces systèmes capables d’agir seuls sur des tâches complexes.
Une méthode de communication qui s’est amplifiée cet été, quand OpenAI et Anthropic ont chacun révélé, à une semaine d’écart, que leurs modèles étaient parvenus à s’échapper de leurs environnements de test pour accéder sans autorisation à de vrais systèmes informatiques.
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