La course aux robots humanoïdes s’accélère en Chine, et la production quitte peu à peu le stade des ateliers pilotes. Un fabricant chinois vient de lancer une usine pensée pour dépasser les 10 000 unités par an. Sur place, des machines déjà sorties de ses chaînes participent à l’assemblage de leurs semblables.
En Chine, la robotique humanoïde ne se contente plus des démonstrations. Ces machines occupent déjà des postes concrets. Quinze humanoïdes chargés de régler la circulation dans une métropole chinoise en donnent un aperçu. Reste le nerf de la guerre. Fabriquer ces engins en série suppose des lignes capables d’absorber des milliers de commandes.
UBTech fournit de son côté des machines aux usines comme aux lieux publics. Chez ses concurrents, la demande se structure vite, puisque le Mornine M1 de Chery se commande déjà sur une boutique en ligne chinoise. Face à cette montée en puissance, la firme a décidé de changer d’échelle industrielle. Son nouveau site industriel vient d’entrer en service dans le sud du pays.
La production a démarré le 12 septembre à Liuzhou, dans la région du Guangxi. Selon Global Times, l’usine couvre 14 000 mètres carrés. Sa chaîne doit livrer un humanoïde industriel toutes les dix minutes, soit plus de 10 000 unités par an. UBTech y assemble ses séries Walker S et Cruzr, sur deux jambes ou sur roues. Ce chiffre décrit le potentiel de la ligne, pas un volume déjà expédié.
À l’intérieur, des Cruzr Y1 et Cruzr S2 déchargent les palettes, empilent les pièces puis les acheminent vers les postes de montage. Des bras collaboratifs interviennent en assemblage final, aux côtés d’opérateurs humains. UBTech a conçu cette organisation avec Siemens Digital Industries Software, qui fournit le jumeau numérique et le système de pilotage. Un entrepôt automatisé de 65 mètres carrés stocke en plus 112 machines, avec un gain d’espace supérieur à 50 %.
Le pays fabrique déjà des robots industriels à un rythme soutenu, avec 98 677 unités sorties des lignes en juillet, soit 30,2 % de plus qu’un an plus tôt. Fang Jianxin, vice-président d’UBTech, attribue cette performance à une chaîne d’approvisionnement bâtie sur dix à vingt ans d’ingénierie locale. Les investisseurs ont suivi. L’action du groupe a gagné plus de 3 % après l’annonce. Sans commandes en face, une cadence de dix minutes ne servira pourtant pas à grand-chose.






