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L’histoire commence par un échange avec Julien. Je trouvais les tarifs des vélos Moustache trop élevés. Du moins, les modèles servant de daily. Mais pour Julien, le prix était justifié par la qualité de fabrication, indéniablement excellente, et la durabilité qui en découlait. Le débat était posé. D’un côté, comme le disait un enseignant d’horlogerie qui vendait des montres à 1 million d’euros : « je ne suis pas assez riche pour acheter des choses cheap ».
C’est un raisonnement viable : les vélos Moustache qui tournent actuellement ont, pour certains, plus de 10 ans, soit presque l’âge de l’entreprise (qui a vu le jour en 2011). Cela signifie que les vélos, depuis le début, sont conçus pour être durables (et ils le sont).
D’un autre côté, si le ticket d’entrée n’est pas accessible et que l’objet est nécessaire, il n’y a pas d’autre alternative que d’aller voir ailleurs. Dès lors, difficile de démocratiser le vélo en le rendant inaccessible. Mais hors de question pour Moustache de vendre un vélo au rabais. Il a donc fallu attendre.
Moustache l’a compris et attendait une technologie Bosch (partenaire de longue date) permettant de réduire les coûts sans rogner sur la qualité. Le constructeur allemand a sorti son moteur moyeu (Hub Line pour les intimes) et ce fut un coup de foudre (littéralement, car ça reste un moteur électrique) pour la marque vosgienne.
Et pour cause : 45 Nm de couple directement à la roue arrière, 400 W en crête, 2,3 kg et un débrayage total. Il en résulte un Moustache Lundi 27 qui récupère le savoir-faire de l’entreprise vosgienne, désormais moins cher. Un bonheur n’arrivant jamais seul, il se paie le luxe de peser 3,5 kg de moins sur la balance (24,1 kg en version chaîne, 23,8 kg en courroie).
C’est quoi un prix idéal, demanderait un enfant précoce fan de crypto ? C’est un prix calé sur les statistiques de dépense de la cible visée. Le Lundi 27 coûte désormais 2 399 euros. Or, les derniers chiffres de l’industrie du cycle ont donné un panier moyen de 2 000 euros pour l’achat d’un vélo électrique.
Un tarif plus élevé de 20 %, mais un prix final qui reste acceptable pour un vélo considéré comme un véhicule quotidien que nous appelons, dans le jargon, un « daily » (qui signifie quotidien en anglais, je vous le concède).
À ce tarif, le Moustache libère 100 euros pour acheter quelques accessoires (antivols, panier ou sacoches, casque). Des petits plus pour un vélo déjà bien équipé.
Notez que le Lundi 27 est proposé en deux transmissions : une version single speed à courroie et une version dotée d’une transmission 9 vitesses Shimano Cues. Même tarif de 2 399 euros pour chacune de ces versions. Un bon point.
Moustache accompagne la sortie du Lundi 27 d’une édition de lancement limitée à 270 exemplaires numérotés (un badge 001/270 fait foi, les Vosgiens ont le sens du détail). Elle se distingue par un bleu chromatique exclusif, rehaussé de stickers réfléchissants.
Elle embarque d’origine l’intégralité des accessoires disponibles sur le Lundi 27 :
Le tout pour 2 899 euros, soit 500 euros de plus que la version classique. Vu la liste des équipements, le calcul est vite fait pour qui comptait de toute façon accessoiriser son vélo.
Les années passent sans que le design néo-rétro du Moustache ne ternisse d’une soudure. Le cadre (désormais disponible qu’en version ouverte) propose de belles dimensions.
Le tube oblique massif contient toujours la batterie, désormais de 360 Wh, donc plus compacte. Elle bénéficie d’une sangle réglable pour être portée.
Mais pas de prise USB-C pour être chargée ni d’utilisation en powerbank. Une option que l’on retrouve sur pas mal de modèles désormais et qui est toujours utile dans le cadre d’un usage boulot.
Mais continuons : les peintures épaisses mettent toujours en valeur les soudures lissées. L’intégration des éléments ne bouge pas d’un iota.
Le moteur pédalier disparu laisse place à un peu d’air. Le Hub Line se fait discret dans la roue arrière entouré de son garde-boue en métal, surplombé du porte-bagages compatible MIK-HD et supportant 27 kg.
La selle est suspendue et les pneus Schwalbe Super Moto-X (en 27.5 x 2,4), permettent de compenser la rigidité de la fourche qui, elle, n’est pas suspendue.
Le phare intégré est toujours joli et ses 30 lux vont être toujours trop faibles en hiver. Moustache le sait et vend un panier à l’avant sur lequel se greffe une lumière de 80 lux de puissance.
Bon, attaquons ce qui importe le plus : l’utilisation. Le cadre ouvert est pratique pour ne pas craquer son pantalon. Pour un vélo servant au vélotaf, c’est loin d’être un détail et les personnes en jupe ou en kilt apprécieront.
Une fois sur la selle suspendue (qui s’enfonce sous votre poids), le guidon Moustache (qui a donné son nom au constructeur) tombe sous les mains. Son aspect anguleux n’influe pas sur le confort.
La géométrie est excellente. Le dos est droit, le poids n’est pas trop porté sur les bras. L’allonge au niveau des jambes permet d’envoyer de l’énergie dans les pédales. Autant de détails qui expliquent pourquoi Moustache a pu s’intégrer dans le milieu fermé des constructeurs de vélos.
Le freinage est correct, mais les Shimano MT200 ne sont pas les plus fous pour ça : en plus d’une progressivité moyenne, ils manquent de mordant à grande vitesse (comme en descente).
La maniabilité est très bonne grâce à un poids raisonnable et un équilibre des masses préservé, malgré les 2,4 kg en plus sur le moyeu de la roue arrière.
Côté chiffres, le Hub Line envoie 45 Nm directement à la roue arrière (400 W en pic). Bosch parle d’un ressenti équivalent à 60-65 Nm de moteur central puisque le couple ne passe pas par la démultiplication. Ayant horreur du terme « ressenti » qui n’a aucune valeur mathématique, nous garderons en tête que la puissance est disponible de suite, ce qui se ressent lors du passage de l’état immobile à l’état mobile.
Et c’est effectivement pas mal… sur le plat. En effet, notre trajet de test ne nous a pas imposé de pente suffisamment raide pour mettre à mal le petit moteur Bosch. Le Hub Line devra forcément taper dans la puissance en crête pour grimper les pentes. Ce mode fait chauffer le moteur et c’est cette chauffe qui limite le temps durant lequel il envoie la patate. Mais la conception même du Hub devrait ralentir la chauffe. Le tout est compatible SmartSystem, piloté par le petit écran Purion 200, et le concept Sensor Fusion explique la réactivité du moteur au démarrage.
J’ai profité du cortège pour essayer les deux transmissions. Sans conteste, la version à chaîne est nettement plus appréciable à rouler. Jouer avec le shifter procure toujours son petit effet.






