© Les Numériques – 8 Go de mémoire vive pour Windows 11, c'est trop juste.
Pendant des années, nous pensions avoir assurément dit adieu aux configurations étriquées. Les 16 Go de mémoire vive s'étaient imposés comme la norme, y compris sur les PC portables vendus sous les 800 €. Pourtant, en 2026, coup de théâtre dans les rayons high-tech : les fiches techniques des PC portables semblent faire un bond en arrière. Pourquoi ce retour en arrière, et surtout, pourquoi céder à ces 8 Go de RAM est une mauvaise idée ? On fait le point.
Pendant longtemps, même Microsoft mettait en avant les 16 Go de RAM pour profiter pleinement de l'expérience Windows et de ses fonctionnalités avancées. Avant la récente crise sur le marché des composants, la combinaison 16 Go de RAM / 512 Go de SSD était devenue le standard incontournable, même sur les ordinateurs vendus sous la barre des 800 €. C'était l'assurance d'un appareil fluide, capable de tenir plusieurs années sans faiblir.
Aujourd'hui, sous la pression de l'explosion des coûts de la mémoire vive — largement tirée vers le haut par l'essor massif de l'intelligence artificielle —, les constructeurs revoient leurs marges à la baisse. Résultat : on voit rejaillir sur le marché des configurations que l'on croyait enterrées. 8 Go de RAM et 256 Go de SSD redeviennent la norme par défaut sur le milieu de gamme, tout cela pour maintenir des prix d'appel attractifs. C’est la shrinkflation bien connue dans la grande distribution, en gros le prix n’a pas changé, mais la quantité de RAM et la capacité du SSD ont bien réduit.
Pour justifier ce recul technique, les fabricants déroulent le même argument en boucle : "8 Go de mémoire vive suffisent amplement pour naviguer sur le Web, traiter du texte et faire de la bureautique au quotidien". Dans l'absolu, l'argument n'est pas totalement faux… mais tout dépend de la définition qu'on donne au mot "bureautique".
En supprimant les logiciels qui se lancent au démarrage ainsi que les fonctions IA et les bloatwares du constructeur nous arrivons à 4,1 Go utilisés par Windows 11 à lui tout seul.© Les Numériques
En supprimant les logiciels qui se lancent au démarrage ainsi que les fonctions IA et les bloatwares du constructeur nous arrivons à 4,1 Go utilisés par Windows 11 à lui tout seul.
Regardons la réalité des chiffres sous Windows 11 avec 8 Go de RAM :
Si l'on ajoute à cela la mauvaise habitude des constructeurs d'installer une vingtaine de logiciels préinstallés (bloatwares) et un antivirus sponsorisé un peu gourmand : l'ordinateur frôle déjà la saturation avant même que l'on n'ait ouvert un premier navigateur Web ! Or, avec quelques onglets ouverts sur Chrome ou Edge, les 2 Go restants se volatilisent instantanément.
Edge peut consommer 2,7 Go de mémoire vive pour 10 onglets ouverts.© Les Numériques
Edge peut consommer 2,7 Go de mémoire vive pour 10 onglets ouverts.
Ce retour à 8 Go serait un moindre mal si l'on pouvait facilement faire évoluer sa machine. Si les PC disposaient encore d'un slot de mémoire libre, la stratégie serait simple : acheter un PC bon marché avec 8 Go, attendre que la crise de la RAM passe, puis rajouter une barrette de 8 Go à moindre frais. Malheureusement, la grande majorité des PC portables actuels embarquent de la RAM soudée à la carte mère et cela devient désormais une habitude avec les processeurs Qualcomm Snapdragon ou les processeurs Intel Core 300 (Wildcat Lake) souhaitant concurrencer le MacBook Neo.
Sur le Acer Swift Air 14, les puces de RAM sont cachées sous le bouclier métallique et donc impossible d'augmenter la capacité.© Les Numériques
Sur le Acer Swift Air 14, les puces de RAM sont cachées sous le bouclier métallique et donc impossible d'augmenter la capacité.
Si l'on achète un ordinateur avec 8 Go aujourd'hui, on sera condamné à garder 8 Go jusqu'à la fin de vie de l'appareil. C'est le piège parfait pour se retrouver avec un ordinateur dépassé et poussif d'ici 1 à 2 ans.
Face à cette "RAMpocalypse" provoquée par la course à l'IA, quel choix faire lors de l'achat ?
Le nouveau seuil critique : 12 Go de RAM. C'est une configuration que l'on commence à voir fleurir chez certains constructeurs. Elle offre la bouffée d'air frais nécessaire pour assurer la fluidité de Windows 11 tout en laissant une vraie marge pour la bureautique multitâche. À la limite, il est préférable de choisir un PC avec 12 ou 16 Go de RAM et d'accepter d'avoir un SSD de seulement 256 Go de stockage quitte à le mettre à jour ultérieurement.
Accepter le surcoût : en 2026, il faut se faire à l'idée d'accorder un budget légèrement supérieur à son futur PC. Mettre 100 à 200 € de plus pour dépasser la barre des 8 Go de RAM n'est pas un luxe : c'est la seule garantie pour garder un ordinateur fluide, pérenne et agréable au quotidien.
Céder aux sirènes des 8 Go de RAM en 2026 s'apparente à un faux calcul économique. Si l'économie immédiate à la caisse peut paraître séduisante, la frustration d'un système ralenti au bout de quelques mois et l'impossibilité physique de faire évoluer l'ordinateur coûteront bien plus cher à long terme. La hausse des prix liée à l'IA est une réalité douloureuse pour les consommateurs, mais face à la gloutonnerie de Windows 11 et ce malgré les efforts déclarés par Microsoft, la mémoire vive n'est tout simplement plus une variable d'ajustement. Pour la tranquillité d'esprit, il faut investir intelligemment aujourd'hui pour ne pas avoir à remplacer un ordinateur asphyxié dès demain.
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