Août 2026 se hisse au niveau du mois le plus chaud jamais relevé sur Terre. Début septembre, l’ONU a publié un rapport selon lequel la barre de 1,5 °C prévue par l’Accord de Paris sera dépassée au cours des prochaines années. L’organisation compte désormais faire baisser le thermomètre une fois ce seuil franchi.
Depuis le printemps, les épisodes caniculaires se multiplient sur le Vieux Continent. Dès mai 2026, les records thermiques observés du Portugal jusqu’au Royaume-Uni laissaient déjà entrevoir une saison exceptionnelle. L’Europe de l’Ouest a finalement enregistré l’été le plus chaud depuis le début des relevés. À l’échelle du globe, la moyenne mesurée en août se situe 1,65 °C au-dessus du niveau préindustriel, d’après le service européen Copernicus.
Depuis des mois, les chercheurs tirent la sonnette d’alarme. En janvier, le bilan climatique établi par la NASA avait classé 2025 comme la deuxième année la plus chaude jamais enregistrée. Adopté en 2015, l’Accord de Paris cherchait idéalement à maintenir la hausse des températures sous 1,5 °C. Cette cible semble maintenant hors d’atteinte. Début septembre, le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) a publié un rapport entièrement dédié à cette limite.
D’après le communiqué du PNUE, la hausse des températures devrait franchir 1,5 °C, probablement dans les années qui viennent. Dans le scénario le plus favorable, le sommet atteindrait 1,8 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Les autres projections anticipent généralement une valeur supérieure. Certaines vont même au-delà de 2 °C. Une fois la barre de 1,5 °C passée, toute fraction de degré supplémentaire augmenterait les dangers. Le document mentionne notamment la submersion de petits États insulaires et de villes côtières basses. António Guterres, secrétaire général de l’ONU, considère les canicules, incendies et inondations meurtrières observées cet été comme un aperçu des risques futurs.
Devant ce constat, le PNUE propose une trajectoire nommée « dépassement, pic puis déclin ». Celle-ci repose sur une baisse immédiate et durable des rejets de gaz à effet de serre, méthane compris. L’humanité devrait ensuite capter dans l’atmosphère davantage de CO₂ qu’elle n’en rejette, notamment grâce au reboisement. Cette capture doit accompagner l’effort de réduction sans jamais s’y substituer. Même si la planète revient sous 1,5 °C, certaines pertes resteront irréversibles. Plus cette période de surchauffe se prolongera, plus la fonte des grandes calottes glaciaires, le dépérissement de l’Amazonie et la perturbation des courants atlantiques chargés de réguler le climat deviendront probables.





