© Valery Hache / Pool Photo via AFP / Shutterstock / Samuel Boivin – Emmanuel Macron a invité YouTube à de nouvelles négociations sur sa participation à l'audiovisuel français.
Ce lundi 7 septembre, Emmanuel Macron, son homologue sud-coréen Lee Jae Myung et une multitude d'acteurs du cinéma et du divertissement mondial étaient à Saint-Paul-de-Vence pour le Sommet Lumière, un événement qui a la vocation de préserver le patrimoine cinématographique mondial.
À l'occasion de ce sommet, le président a déclaré vouloir ouvrir les discussions avec YouTube pour obliger la plateforme de streaming à participer davantage au financement de l'audiovisuel français, à l'image des autres plateformes de streaming telles que Netflix, Disney+ et Prime Video.
Au micro de nos confrères du site Variety, Emmanuel Macron a notamment rappelé que YouTube était la première plateforme de streaming vidéo au monde, et que son impact sur l'industrie du cinéma et de la télévision traditionnelle n'était pas anodin. Il a ainsi déclaré :
"YouTube est très efficace. C’est de fait la plateforme de référence pour un grand nombre de personnes dans de nombreux pays. Et il est évident qu’aujourd’hui, elle détourne une grande partie du public de ces plateformes ou des grandes chaînes où d’importants investissements sont consacrés à la création."
"Il faut nouer le dialogue avec eux (YouTube, ndlr)", continue-t-il. "Cela fait partie de cette approche multilatérale pour faire évoluer notre démarche et soutenir le financement et la création de contenus locaux. À l'instar de ce que de nombreuses plateformes ont fait ces dernières année, afin de favoriser davantage de créativité et de nouvelles œuvres, ainsi qu'un plus grand respect des auteurs."
"Parallèlement, il s'agit de privilégier les plateformes et les entreprises qui agissent en véritables créateurs et qui recrutent des talents, des auteurs et des équipes techniques dans les différents pays", conclut-il.
French President Emmanuel Macron on the growing global reach of YouTube: pic.twitter.com/NM9yWRf6i3
Avec cette déclaration, Emmanuel Macron place ainsi YouTube au même niveau que les autres plateformes de streaming par abonnement telles que Netflix, Disney+, Prime Video ou HBO Max, qui elles ont des obligations de participation à l'audiovisuel français. Pour rappel, celles-ci doivent consacrer 25 % de leur chiffre d’affaires net annuel généré en France dans des productions locales.
YouTube a été rappelé à l'ordre sur son engagement dans l'audiovisuel français.© Shutterstock
YouTube a été rappelé à l'ordre sur son engagement dans l'audiovisuel français.
Mais la plateforme de vidéo américaine s'arrête là, et a toujours estimé qu'elle n'avait pas à se substituer au modèle de financement des chaînes de télévisions, ou à subventionner l'audiovisuel français. YouTube affirme en effet n'être qu'un simple hébergeur de contenus et non un diffuseur, échappant de fait aux obligations liant Netflix, Disney+ et compagnie.
Mais à l'heure où le marché du streaming a dépassé les 30 millions d'abonnés dans l'Hexagone, où les offres SVOD gratuites s'apprêtent à arriver dans le paysage, et où 43 millions d'utilisateurs français utilisent YouTube tous les mois, la plateforme ne peut plus faire l'autruche et jouer sur la sémantique.
La plateforme est sans conteste le géant mondial du streaming vidéo, et a modifié profondément les usages des consommateurs, la faisant jouer de facto dans la même cour que Netflix, HBO Max, Canal+, Prime Video et Disney+. Si son statut n'est en effet pas le même que ces services, il convient assurément de revoir les accords, et que YouTube, enfin, mette au pot.
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