Le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) annonce l’accélération de sa sortie de certains logiciels extra-européens pour gagner en souveraineté numérique et réduire ses coûts IT. La Dinum l’accompagne dans cette politique.
La Cnaf place l’open source au cœur du service critique de calcul des prestations sociales. La DGSI coupe avec Palantir au profit de ChapsVision. Dans le même temps, l’Etat repense sa gouvernance numérique, inscrivant la réduction des dépendances à sa feuille de route.
Le Centre national de la recherche scientifique, le CNRS, s’inscrit dans la même dynamique. Il annonce ainsi accélérer sa transition vers la souveraineté numérique. Dans cette optique, le centre migre “plusieurs applications clés” et renforce ses liens avec la Dinum.
La souveraineté n’est plus seulement une perspective ou un mot clé à placer. Pour justifier un changement de braquet, le CNRS met en avant la décision américaine de couper l’accès aux modèles d’IA Mythos 5 et Fable 5 d’Anthropic.
“L’actualité démontre que notre dépendance aux outils numériques extra-européens est critique”, considère Marie-Pierre Fontanel, la DSI du CNRS. Sur différents pans de son SI, le Centre prend ainsi conscience de son exposition à des outils extra-européens.
Or, une telle “dépendance devient synonyme de vulnérabilités multiples”. En conséquence, le CNRS a programmé plusieurs migrations applicatives. Parmi celles-ci, la sortie de Zoom au profit de l’outil Visio de la Dinum.
Ce changement lui permettra notamment d’économiser les 400.000 euros par an que représente l’utilisation de Zoom. Mais en matière d’économies, c’est l’abandon de Microsoft Exchange qui constitue la principale action.
En optant pour “une messagerie libre opérée” par Renater, le CNRS prévoit d’économiser 20 millions d’euros sur six ans, tout en réduisant fortement sa dépendance technologique aux Gafam. Sur la visioconférence, la messagerie et l’IA, le CNRS précise que “la transition est en cours.”
En effet, la fin d’Exchange est actée depuis avril dernier. Mais le centre de recherche ne tente pas d’en masquer les impacts. Il reconnaît que la “migration n’a pas été facile pour” les agents. En cause, une dégradation de l’expérience utilisateur et des problèmes techniques avec Outlook.
“Cette transition démontre le caractère crucial de l’accompagnement” des collaborateurs, tient à souligner le CNRS. Mais à la clé, des bénéfices en matière de dépendance, de coûts et d'amélioration de la cybersécurité.
Sur l’IA, et comme indiqué plus tôt en 2026, le centre a initié un projet avec Mistral AI pour se doter d’un assistant génératif interne : CNRS-Emmy. L’outil compte aujourd'hui “plus de 13.000 utilisateurs et utilisatrices réguliers.”
Le CNRS n’en a pas terminé avec les migrations applicatives. Il annonce une “prochaine grande échéance” fin 2029 au travers de la sortie de Microsoft Sharepoint. L’impulsion vient ici de l’État suite à la décision de l’éditeur d’imposer le cloud.
La fin de Sharepoint s’annonce compliquée avec 2.000 espaces collaboratifs et applications du quotidien existants. En outre, il “n’existe pas actuellement d’outil unique pour remplacer toutes les fonctionnalités de Sharepoint”, signale la DSI.
“Nous menons un travail de fond pour identifier des solutions de substitution internes comme sDrive, ou des outils proposés par la DINUM tels que Docs, Fichiers, Grist… “, poursuit-elle, prévoyant 2 millions d’euros d’économies par an à terme.
Afin de faciliter les migrations, le CNRS compte aussi sur la Dinum et l’évolution des outils de LaSuite. La direction promet des mises à jour sur la base des retours des utilisateurs. Des échanges “se poursuivent” avec les DSI des ministères et opérateurs publics.
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