Nos voisins belges l’ont depuis juin, les Danois aussi, le Pays-Bas et la Lituanie, et nous on regarde des vidéos YouTube de Tesla qui négocient des ronds-points à Amsterdam. Mercredi soir, vers 22 h, un tweet du ministre des Transports a fait bouger le curseur.
Pour aller plus loin Tesla : pourquoi la France dit officiellement non au FSD
Philippe Tabarot y raconte un « échange constructif » en visioconférence avec Elon Musk, photo à l’appui, le patron de Tesla en t-shirt « We, Robot » face aux drapeaux du ministère. Le fond du message tient en deux phrases. Les autorités françaises travaillent « depuis plusieurs mois » avec Tesla sur des « adaptations techniques » censées permettre à la France de soutenir l’homologation européenne du FSD. Et Tesla fournit deux véhicules pour des essais sur route, ce qui marque, selon le ministre, « une nouvelle étape ».
Pour rappel, le FSD Supervisé est un système de niveau 2, le conducteur reste responsable, vendu uniquement sur abonnement à 99 € par mois en Europe. Il est activable aux Pays-Bas, en Lituanie, en Estonie, au Danemark et en Belgique, mais pas en France, où environ 260 000 Tesla seraient techniquement éligibles.
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Le 22 juillet, le même Philippe Tabarot expliquait que les garanties de sécurité n’étaient pas suffisantes pour autoriser le FSD « en l’état ».
Pour aller plus loin Tesla : pourquoi la France dit officiellement non au FSD
Deux reproches précis : le système accepte de dépasser la limitation pour suivre le flux du trafic, et il ne garantit pas une attention suffisante du conducteur en ville, aux intersections et sur les changements de voie. Rien n’indique que ces deux points aient été résolus.
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Ce qui a changé, c’est le calendrier. Tesla a publié le 1er septembre son dossier de preuves déposé à Bruxelles, huit études dont deux répondent quasiment mot pour mot aux objections françaises, sur la vitesse et sur la fatigue au volant.
Des chiffres produits, traités et publiés par Tesla seul, sans audit indépendant, ce que Tesla admet d’ailleurs en note de bas de page. Le ministre, lui, ne détaille ni la nature des « adaptations techniques », ni qui conduira les deux voitures, ni combien de temps dureront les essais. Un tweet reste un tweet.
La vraie date, c’est celle du Comité technique pour les véhicules à moteur, le TCMV, dont la prochaine réunion est attendue le 6 octobre. Pour une reconnaissance dans toute l’Union, il faut une majorité qualifiée : 15 États sur 27, représentant 65 % de la population.
La France pèse à elle seule environ 15 % de cette population. Son vote compte, et Tesla le sait, d’où la visio. Pour les propriétaires français, l’équation est simple. Si le vote passe et que Paris le suit, le FSD pourrait devenir activable dans les semaines suivantes, sans garantie que ce soit immédiat. Si le vote échoue, la Suède a déjà recommandé un non par écrit, la France pourra toujours reconnaître seule l’homologation néerlandaise, comme l’ont fait les cinq pays déjà ouverts. Elle en a le droit depuis avril. Elle ne l’a pas fait. Rien, dans le tweet de ce soir, ne dit qu’elle le fera. Le ministre parle de « soutenir » l’homologation européenne, pas d’autoriser quoi que ce soit au niveau national.
Soyons honnêtes, ce message est surtout un signal politique. La France ne voulait pas être le seul grand pays de l’Union à bloquer un système que ses voisins utilisent déjà sur 100 millions de kilomètres, tout en ayant dit publiquement que ce système ne respecte pas les limitations de vitesse. Deux voitures d’essai et une visio avec Elon Musk permettent de se réserver les deux options d’ici le 6 octobre.
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