Le 12 août a été une journée chargée : éclipse solaire (presque totale), pic des Perséides et surtout conférence Made by Google. C’est à l’occasion de cette dernière que la firme de Mountain View a présenté sa nouvelle gamme de smartphones : les Pixel 11. On s’intéresse aujourd’hui au modèle « classique » : tient-il davantage la distance que son prédécesseur face à un secteur toujours plus compétitif ? Réponse dans ce test complet.
Habituellement, Google réserve un traitement de faveur aux déclinaisons Pro de ses Pixel, le modèle « classique » profitant de moins d’innovation que ses frères. Le Pixel 11 ne fait pas exception. Mais cette année, en comparaison avec le Google Pixel 10, la firme de Mountain View a fait davantage d’efforts.
Bien que le Pixel 11 ne bénéficie pas d’autant de nouveautés que les Pixel 11 Pro et Pixel 11 Pro XL – il est par exemple dépourvu de la fonctionnalité HiLight – il en embarque tout de même quelques-unes bienvenues. Surtout, il ne connaît aucune régression par rapport à son prédécesseur.
Alors, avec le Pixel 11 sommes-nous face à une stagnation, une évolution incrémentale ou une véritable innovation ? Nous l’avons testé pour vous.
Le Google Pixel 11 est disponible sur le site officiel de la marque, ainsi que chez les revendeurs partenaires. Il se décline en quatre coloris, dont deux inédits : Fuchsia, Pistache, Givre (la couleur de la robe de notre exemplaire de test) et Noir Volcanique.
Dans la boîte se trouvent le smartphone, la documentation traditionnelle, l’éjecteur de carte SIM et un câble de chargement.
Comme le Pixel 10 avant lui, le Pixel 11 ne subit aucune inflation. Certes Google a abandonné la version 128 Go, ce qui fait que le prix de départ du Pixel 11 est plus élevé de 100 euros. Mais à configuration égale, la firme de Mountain View applique le même prix de vente conseillé d’une génération à l’autre :
À cause du contexte de crise des composants, l’absence d’inflation est assez rare sur le marché ces derniers temps – bien que, ne soyons pas dupes, cette stratégie vise tout de même à gonfler les prix sans procéder à une hausse tarifaire directe. En évoquant la concurrence, il y a du beau monde sur ce segment à 256 Go, comme le Samsung Galaxy S26 (899 euros), le Xiaomi 17 (903 euros), l’iPhone 17 (969 euros), le OnePlus 15 (979 euros) ou encore le Honor 600 Pro (999 euros, mais pour 512 Go).
Commençons ce test par le traditionnel tour du propriétaire. Là encore, le Pixel 11 ressemble beaucoup à ses prédécesseurs. C’est simple : il fait exactement la même taille. Notons toutefois qu’il a été allégée de quelques grammes : 197 g contre 204.
Les matériaux sont aussi les mêmes : des tranches en aluminium brossé, une vitre arrière en verre poli à finition satinée. Et l’appareil est doté d’un revêtement anti-traces. Côté durabilité, le dos et l’écran sont protégés par un verre anti-rayures Corning Gorilla Glass Victus 2 et le Pixel 11 dispose de la certification IP68 contre l’eau et la poussière.
Google parle d’un design raffiné jusqu’aux bords qui sont, comme sur le Pixel 10, arrondis. En façade, on retrouve le poinçon selfie central, ainsi que le lecteur d’empreinte digitale très bien positionné.
Sur la tranche supérieure se loge toujours le tiroir à carte SIM ainsi qu’un haut-parleur.
La tranche droite abrite quant à elle le bouton de verrouillage, situé au-dessus du bouton du volume.
Enfin, la tranche inférieure est réservée au port de charge, au second haut-parleur ainsi qu’au micro principal qui se cache derrière une fausse grille – toujours pour préserver ce semblant de symétrie largement abandonné par la concurrence.
Non, la véritable différence esthétique, c’est le bloc photo du Pixel 11. Il est toujours horizontal et sous forme de pilule. En revanche, Google a abandonné sa partie métallique et il l’a surtout aminci de 40 %. Lorsque le Pixel 11 est muni d’une coque officielle, la protubérance de l’îlot photo disparaît.
Android 17 se distingue par davantage d’effets de flou d’arrière-plan, la possibilité d’afficher les applications sous forme de bulles pour faciliter le multitâche, de meilleures indications de confidentialité liées à l’usage du micro ou de la caméra et de nombreuses fonctionnalités inédites, comme les réactions d’écran.
Et comment ne pas citer Gemini, et plus précisément Gemini Intelligence. Google a d’ailleurs abandonné le traditionnel « powered by Android » lorsque vous allumez l’appareil pour le remplacer par « Gemini Intelligence ». Avec le Pixel 11, l’IA s’immisce encore davantage dans les moindres recoins de l’appareil : widget sur la page d’accueil, invocation par appui prolongé sur le bouton de verrouillage, automatisation de l’écran pour effectuer des tâches dans les applis, contexte de l’écran reposant sur l’intelligence visuelle, Coach photo dans l’Appareil photo, puis retouches photo dans Google Photos. Circle to Search fonctionne d’ailleurs désormais dans l’Appareil photo.
Et comme si ça ne suffisait pas, le Pixel 11 inaugure deux autres fonctions IA : la traduction instantanée (textes, appels, contenus multimédias), mais également « Capture magique » qui prend simultanément une vidéo et les meilleures photos d’un instant pour que vous puissiez en profiter pleinement.
Pour le Pixel 11, Google promet 7 ans de mises à jour Android, de sécurité et de Pixel Drops.
Passons maintenant à l’écran. Avec la génération précédente, on prend les mêmes et on recommence : une dalle OLED de 6,3 pouces, une résolution de 422 pixels par pouce, un format 20/9e, une fréquence de rafraîchissement fluide de 60 à 120 Hz. Surtout, le Pixel 11 est encore privé de la technologie LTPO, ce qui était déjà difficile à justifier avec le Pixel 10.
Exceptionnellement, nous n’avons pas pu mesurer la colorimétrie de l’écran. Mais étant donné que la dalle du Pixel 11 est la même que celle de son prédécesseur, nous ne prenons pas trop de risque à qualifier la colorimétrie du nouveau-né d’excellente. Là aussi, les couleurs sont adaptatives par défaut : la température moyenne varie en fonction de l’environnement.
Il en va de même pour la colorimétrie. Google fait les mêmes promesses : jusqu’à 2 000 nits HDR et des pointes locales jusqu’à 3 000 nits. Il ne serait pas étonnant de retrouver les mêmes chiffres qu’avec le Pixel 10 : plus de 1 300 nits en réglage manuel avec notre sonde – ce qui est énorme ! Dans tous les cas, cela se voit en extérieur : on peut profiter très confortablement de son Pixel 11, même en plein soleil.
Ça, c’était pour ce qui est de la façade. Mais sous le capot, qu’est-ce qu’on a ? On retrouve la nouvelle génération de processeur maison de Google : la Tensor G6, qui est soutenu par 12 Go de RAM – et non 16 Go comme sur les modèles Pro, ce qui a inéluctablement une incidence sur les résultats de certains de nos tests.
Autre innovation par rapport au Pixel 10 : la présence du nouveau coprocesseur de sécurité Titan M3 – premier renouvellement majeur du matériel de sécurité depuis 2021. Cette association garantit notamment un démarrage sécurisé à l’épreuve des ordinateurs quantiques dans le matériel : un autre argument de durabilité de la gamme Pixel 11.
Mais revenons aux performances. Comme à chaque itération, Google ne mise pas sur un monstre de puissance. Et pour cause, sur tous nos benchmarks, le Pixel 11 obtient des résultats bien moins bons que tous les concurrents qu’on a cités : le Samsung Galaxy S26 et son processeur maison Exynos 2600, le Honor 600 Pro et son SoC Snapdragon 8 Elite et le Xiaomi 17 et sa puce Snapdragon 8 Elite Gen 5). Il surpasse – heureusement nous direz-vous – le Pixel 10 sur la totalité des tests. En fonction de l’optimisation de la plateforme chez les différents modèles et constructeurs, il se débrouille aussi bien qu’un Snapdragon 8 Gen 3.
La stabilité du système est plutôt moyenne lorsque le Pixel 11 est poussé dans ses retranchements : contrairement au Pixel 10 où elle tournait autour des 70 %, elle ne les atteint sur aucun des tests d’endurance avec le petit dernier – elle est échelonnée entre 44,1 et 66,8 %.
Ces résultats sont probablement dus au bridage de la plateforme pour éviter la surchauffe – qui n’empêche toutefois pas l’appareil de chauffer, malgré son manque de puissance : d’après nos tests, la température a atteint 46° C en interne. La chauffe reste toutefois supportable, les tranches en aluminium exécutant correctement leur rôle de dissipateur thermique.
Et si on regarde à l’usage, l’expérience avec le Pixel 11 est extrêmement fluide. Il tient la longueur, même lorsqu’on pratique le multitâche, notamment avec le système de Bulles permettant de basculer rapidement d’une application à l’autre. Surtout, on note une bonne gestion de la consommation d’énergie, ainsi que de l’IA – et tant mieux pour un smartphone qui mise énormément sur cette technologie. En jeu, il s’en sort honorablement sans pour autant être une bête de gaming.





