L’entreprise a construit autour de cet outil une architecture de sécurité et de contrôle des coûts poussée.
Cisco a déployé cette semaine MyAgent, un agent d’intelligence artificielle personnel attribué à chacun de ses 90 000 employés dans le monde, pour automatiser des tâches allant de la gestion des courriels à l’analyse de données de marché.
Chaque employé dispose désormais de sa propre instance de MyAgent, connectée aux systèmes internes de l’entreprise et capable de solliciter, selon la demande, plus de 800 agents secondaires spécialisés. Ces agents subalternes peuvent, par exemple, suivre les écarts par rapport aux prévisions de ventes et déclencher automatiquement une alerte en cas d’anomalie détectée.
Selon Cisco, MyAgent repose sur Circuit, la plateforme d’IA sécurisée, gouvernée et agnostique que l’entreprise a développée en interne. Elle permet aux employés de déléguer une tâche en définissant simplement un objectif, l’agent se chargeant ensuite de coordonner les étapes nécessaires pour l’accomplir.
Les salariés peuvent mobiliser leur agent personnel pour résumer et trier leurs courriels, filtrer les messages indésirables ou encore préparer des brouillons de réponse. L’outil peut également être utilisé pour synthétiser l’actualité des marchés ou anticiper certains mouvements boursiers. Chaque agent s’appuie sur les autorisations déjà attribuées à l’utilisateur pour aller chercher, via des connecteurs d’entreprise sécurisés, les informations dont il a besoin en temps réel. Les employés peuvent y accéder aussi bien depuis leur ordinateur ou leur mobile que directement au sein de Webex, le logiciel de visioconférence de Cisco.
Cisco affirme avoir strictement délimité le périmètre d’action autonome de ses agents. Chaque instance de MyAgent n’interagit qu’avec l’employé auquel elle est rattachée et ne communique ni avec d’autres salariés ni avec d’autres agents. Toute action produisant un effet à l’extérieur du périmètre de l’employé nécessite une validation explicite de sa part. L’entreprise a par ailleurs mis en place un serveur de politiques dédié au contrôle des accès aux données, capable de bloquer certaines opérations sensibles, comme la suppression d’un jeu de données, et d’empêcher que les données internes de Cisco ne soient utilisées pour entraîner les modèles d’IA d’entreprises tierces.
Pour limiter les coûts que peut engendrer un usage permanent de l’IA par l’ensemble des effectifs, Cisco s’appuie sur les fonctions de suivi de la consommation de jetons de Splunk, société qu’elle a rachetée en 2024. L’entreprise a également développé un routeur intelligent, chargé de sélectionner automatiquement, selon la nature de chaque requête, le modèle d’IA le plus adapté en tenant compte à la fois de la capacité à traiter la tâche et de l’efficacité économique de la solution retenue.
Cisco exploite par ailleurs ses propres modèles à poids ouverts sur des processeurs graphiques installés dans ses centres de données. Dans les faits, environ 50 à 60 % des requêtes formulées auprès de l’IA chez Cisco sont traitées par ces modèles ouverts, 20 à 30 % relèvent de l’automatisation logicielle, et seule une faible part est transmise à des modèles de fondation externes. Cette répartition permet de disperser la charge en jetons et en puissance de calcul générée par la mise à disposition d’un agent IA pour chaque salarié.
Le déploiement généralisé de MyAgent s’inscrit également dans une volonté de Cisco de regrouper en un seul outil les différentes solutions d’IA jusque-là utilisées en interne. L’entreprise avait progressivement élargi le périmètre d’action de ses agents afin d’encourager l’intégration de l’IA dans le travail quotidien de ses équipes. « Je ne pense pas que l’IA puisse remplacer entièrement l’humain », a déclaré Thimaya Subaiya, vice-présidente senior des opérations chez Cisco, citée par le Wall Street Journal. Elle a ajouté qu’il était en revanche possible d’utiliser l’IA pour renforcer très efficacement les capacités des collaborateurs.
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