La police australienne vient d’annoncer deux arrestations contre ce gang qui avait réussi un impressionnant coup d’éclat au printemps dernier.
Au printemps dernier, les cybercriminels de « TeamPCP » avait réussi à épingler à leur carnet de chasse une impressionnante liste de victimes, dont la Commission européenne. Toutefois, le vent pourrait avoir tourné pour certains membres du groupe criminel.
La police australienne a en effet annoncé la mise en examen de deux australiens originaires d’Australie-Occidentale, à l’ouest de l’île continent. Âgés de 21 et de 23 ans, ils sont suspectés d’avoir joué un rôle dans les attaques par chaîne d’approvisionnement reliées à « Team PCP ».
Comme le rappelle la société de cybersécurité Flare, « TeamPCP » avait réussi à exploiter une faille dans le flux de travaux GitHub du scanner de vulnérabilités open-source Trivy. Cette astucieuse insertion de code malveillant dans un dépôt open-source, réutilisé ensuite par des développeurs, avait permis de multiplier les victimes.
Résultat : pour la police australienne, plus d’un millier d’organisations auraient été touchées dans le monde. Avec un total assez ahurissant de 500 000 identifiants volés et des coûts de remédiation estimés à plusieurs centaines de millions de dollars. On ignore le montant précis du coût pour la Commission européenne.
Ce drôle de groupe qui voulait jouer sur les chats et l’humour, était au départ tourné vers le minage de Monero, une crypto-monnaie. Avant donc de tenter ensuite une opération bien plus spectaculaire.
Mais si ces attaques informatiques ont été particulièrement ingénieuses, ses auteurs ont cependant laissé de nombreuses traces derrière eux. Le journaliste spécialisé Brian Krebs avait par exemple dès le mois de juin réussi à identifier le profil d’un suspect.
De même, dans un instructif rapport, les experts de Flare ont expliqué comment ils avaient eux aussi démasqué ce suspect. Les cybercriminels de « TeamPCP », très prolixes, aimaient « narguer leurs victimes », rappelle l’entreprise.
Cependant, « un groupe qui communique autant, aussi publiquement, sous autant de pseudonymes, attire non seulement l'attention », mais offre également des pistes « à explorer ». Des recherches autour de l’un des pseudos d’un membre du groupe, « DeadCatx3 », ont ainsi permis de le relier à des comptes HackerOne et Hugging Face, ainsi qu’une adresse de messagerie.
En pivotant autour d’un mot de passe utilisé, une autre adresse de messagerie a pu être identifiée, conduisant les chercheurs vers des comptes TikTok et Steam. On connaît la suite…
La police australienne n’a pas précisé dans son communiqué les modalités précisés de l’identification des deux suspects arrêtés. Elle a toutefois indiqué que « dans cette affaire, les informations fournies aux autorités par plusieurs » sociétés spécialisées « se sont révélées cruciales pour les enquêteurs ».
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