Le vidéoprojecteur Xgimi Elfin Flip 4K succède au premier Elfin Flip, un modèle Full HD limité à 400 lumens ISO convaincant par son format pliable et sa balancelle intégrée. Deux ans plus tard, la marque chinoise revient avec cette version 4K qui coche enfin la case de l’Ultra Haute définition avec une source laser RGB.
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Sur le papier, les caractéristiques sont particulièrement séduisantes pour ce segment de prix : 1600 lumens ISO, un contraste dynamique annoncé à 20 000:1, une couverture colorimétrique de 99 % du DCI-P3 et de 110 % du BT.2020, ainsi qu’un zoom optique de 0,98 à 1,3:1 qui autorise une image de 40 à 200 pouces sans perte de netteté liée à un zoom numérique. C’est un argument rare à ce niveau de compacité et de tarif. Au programme également des fonctions de correction automatique de l’image, Google TV avec Gemini, des capacités gaming et un système audio embarqué.
Côté concurrence, on peut le comparer au Hisense M2 Pro ou à l’Epson EF-72 qui a la particularité d’être un modèle LCD donc totalement dépourvu d’effet arc-en-ciel (voir plus bas).
Mais que vaut-il vraiment, je l’ai éprouvé pendant un petit moment et en voici mes impressions.
Le vidéoprojecteur Xgimi Elfin Flip 4K testé nous a été prêté par la marque. Il a été testé en association avec un écran Lumene Movie Palace UHD Platinum 300C. Les mesures ont été réalisées avec du matériel professionnel adapté et en face de l’écran afin de limiter les erreurs et de proposer des valeurs en accord avec ce que le spectateur peut réellement voir. Ce protocole est identique pour tous les tests de vidéoprojecteurs afin de pouvoir les comparer.
Le Xgimi Elfin Flip 4K reprend sans grande surprise le langage esthétique de son prédécesseur, à savoir une silhouette de plaque rectangulaire compacte. L’appareil mesure 254 x 245 mm pour une épaisseur de seulement 78 mm et affiche un poids annoncé de 1,55 kg, à peine plus qu’un ordinateur portable.
Cette légèreté en fait un objet que l’on déplace facilement du salon à la chambre, voire jusqu’à la terrasse pour une soirée improvisée, sans contrainte. Attention, cependant, ce modèle fonctionne sur secteur n’intégrant pas de batterie à l’image du MoGo 4 de Xgimi, par exemple.
L’élément le plus marquant de ce boîtier, c’est sa balancelle intégrée qui fait à la fois office de pied et de poignée de transport. Celle-ci pivote sur une amplitude de 150 degrés. Une fois repliée, la balancelle protège naturellement le bloc optique et la lentille pendant le transport, un vrai plus pour un appareil pensé pour circuler de pièce en pièce sans craindre la poussière ou les rayures.
Sous le châssis, un pas de vis universel au format 1/4 de pouce permet également une fixation plus traditionnelle sur un trépied photo classique ou un bras de plafond, pour les utilisateurs qui préfèrent une installation fixe.
Le dessus du boîtier, dans une teinte gris brun mat, n’arbore que le logo de la marque et reste particulièrement discret une fois posé sur un meuble TV.
Tout autour, une grille perforée assure l’aération sans transformer l’appareil en radiateur à ailettes disgracieux. La finition générale, dans un plastique mat, reste cohérente avec le reste de la gamme Elfin et ne trahit pas le tarif de l’appareil : aucun jeu excessif dans les charnières de la balancelle, et le bloc optique ne bouge pas d’un millimètre une fois la mise au point réalisée.
La chauffe est par ailleurs correctement évacuée. À quelques mètres du projecteur, le souffle de la ventilation reste présent mais s’oublie rapidement une fois le film lancé, sans jamais paraître suffisamment marqué pour couvrir les dialogues. Un léger bémol concerne toutefois la stabilité de l’ensemble : la légèreté du boîtier a pour revers une certaine sensibilité aux vibrations du meuble sur lequel il repose, un souci qui disparaît complètement sur un support parfaitement rigide et stable.
Le modèle prêté par la marque pour ce test présentait des finitions soignées et un assemblage exemplaire, sans le moindre défaut visible sur le châssis ou autour de la lentille.
La connectique du Xgimi Elfin Flip 4K reste cohérente au regard du format compact de l’appareil, sans pour autant faire l’impasse sur les entrées les plus attendues. Toutes les prises sont regroupées à l’arrière du boîtier. On y trouve deux ports HDMI 2.1, dont le premier est compatible eARC, ce qui permet de renvoyer un signal audio non compressé vers une barre de son ou un amplificateur home cinéma.
On dispose également de deux ports USB-A 2.0 qui permettent de lire des contenus multimédia depuis une clé USB ou un disque externe, ainsi qu’une sortie audio analogique au format jack 3,5 mm, pratique pour brancher un casque ou une enceinte filaire lors d’une séance nocturne.
L’alimentation se fait via un bloc externe de 120 watts, livré avec l’appareil, dont le câble est toutefois un peu court lorsque l’on installe le projecteur au milieu d’une pièce, loin d’une prise murale. Je conseille donc de prévoir une rallonge selon la configuration de votre salon. Son atout est qu’il n’est pas très gros, offrant ainsi à l’ensemble projecteur/alimentation, une large possibilité de déplacement.
Côté connectivité sans fil, le Xgimi Elfin Flip 4K embarque le Wi-Fi 6 double bande en 2,4 et 5 GHz ainsi que le Bluetooth 5.2, suffisant pour appairer une enceinte externe ou transmettre du contenu depuis un smartphone. La fonction Chromecast est nativement intégrée au système, ce qui permet de caster facilement l’écran ou une application depuis un téléphone Android.
La télécommande fournie avec le Xgimi Elfin Flip 4K reste résolument minimaliste, comme celles livrées avec les autres vidéoprojecteurs de la marque. Certaines touches sont rétroéclairées, ce qui facilite son utilisation dans l’obscurité totale d’une séance cinéma, et propose un pavé directionnel central entouré de quelques raccourcis directs vers les principales plateformes de streaming. On trouve également un bouton dédié à la commande vocale, relié à l’Assistant Google, ainsi que des touches de réglage rapide du volume et de mise en veille. Un bouton est personnalisable pour lancer votre application favorite.
Le réglage du volume se fait via un bouton oblique unique plutôt que deux touches séparées, ce qui se repère assez facilement à l’aveugle. Un bouton Mute a heureusement fait son apparition, même s’il se retrouve un peu perdu parmi les raccourcis vers les plateformes.
Le vidéoprojecteur Xgimi Elfin Flip 4K est livré sans écran. Si le budget est limité, on peut être tenté de l’installer sans écran (en se servant d’un mur comme surface de projection) et donc perdre le bénéfice (relativement important) d’avoir une surface optimisée pour la projection. Comptez entre 500 et 2700 € environ pour des écrans de différentes tailles dont la surface profite d’un traitement spécifique.
L’installation du Xgimi Elfin Flip 4K est particulièrement facile. Dès l’allumage, la cinquième génération du système ISA (Intelligent Screen Adaptation) rentre en action : un capteur ToF couplé à une caméra permet au projecteur de gérer seul l’autofocus, la correction trapézoïdale horizontale et verticale, l’évitement des obstacles présents sur le mur de projection comme des cadres, des interrupteurs ou des prises électriques, ainsi que le calage automatique aux dimensions d’une toile, le cas échéant.
L’ensemble se déroule en moins de trois secondes et reste actif en continu, ce qui signifie que si l’on déplace légèrement l’appareil en cours de visionnage, l’image se réajuste automatiquement sans interrompre la lecture.
Comptez un recul de 210 cm pour obtenir une image de 100 pouces en diagonale et si vous le placez à 3 m du mur ou de l’écran vous arrivez à une image qui fait 3 mètres de base. Grâce au zoom optique, on peut ajuster la taille de l’image sans jamais perdre en piqué, ce qui est loin d’être systématique sur ce segment de prix. Il y a une fonction de compensation chromatique qui s’adapte à la couleur du mur (les teintes les plus courantes) et un capteur de présence est là pour faire réduire automatiquement l’intensité du faisceau lumineux si une personne passe devant l’objectif.
La configuration de Google TV prend moins de 5 minutes via un smartphone. Bizarrement, mon modèle de test arrêté pendant une dizaine de jours a dû être reconfiguré à l’allumage comme s’il s’était réinitialisé.
Le Xgimi Elfin Flip 4K s’appuie sur une puce DMD de 0,39 pouce développée par Texas Instruments, pilotée en XPR : le mécanisme fait vibrer la matrice de micro-miroirs à très haute fréquence selon quatre positions successives, si rapidement que l’œil humain fusionne ces sous-trames en une image de 3840 x 2160 pixels. Cette technique de décalage de pixels, aussi appelée pixel shifting ou wobulation, permet d’obtenir un rendu très proche d’une dalle 4K native pour un encombrement et un coût de fabrication bien inférieurs.
La source lumineuse est un module laser tricolore RGB développé par Nichia, qui permet d’atteindre une large couverture des espaces colorimétriques (voir les mesures plus bas).
Plusieurs modes d’image sont proposés en SDR et en HDR. Le mode Film reste le plus adapté pour un rendu le plus fidèle possible. Il offre, en sortie de carton donc avec les réglages par défaut, des teintes de peau naturelles et une image globalement fidèle sans nécessiter de passer par une phase de calibrage poussée. Le mode Standard, quant à lui, privilégie davantage l’impact visuel avec des couleurs plus flatteuses, tandis que le mode Jeu mise sur la réactivité.






