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Test TCL Nxtpaper 70 Pro : une bonne liseuse fait-elle un bon smartphone ?

Dernier smartphone premium de TCL, le Nxtpaper 70 Pro n’est pas un produit comme les autres. Grâce à son écran si spécial, il offre une expérience radicalement différente, mais également des services que d’autres téléphones ne peuvent offrir. Mais cet écran peut-il justifier à lui seul l’achat du Nxtpaper 70 Pro ? L’usage est-il au rendez-vous ? A-t-il d’autres arguments ? Réponse dans ce test complet.

Nous connaissons TCL pour ses télévisions. La C8K que nous avons testée en 2025 est, aujourd’hui encore, l’un des meilleurs rapports qualité-prix du marché grâce à une expérience complète, associée à un prix de vente très compétitif. Mais TCL, à l’image de Samsung, ne propose pas que des télévisions. Lave linge, réfrigérateur, écran gaming pour PC, barres de son, la firme chinoise touche à tous les marchés de l’électronique. Dont les smartphones.

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Dans cette catégorie, TCL propose des téléphones assez classiques, comme le TCL 60 SE, vendu à moins de 200 euros, mais aussi des téléphones un peu particuliers : les Nxtpaper. Leur différence ? Proposer un écran sans reflet similaire qui rappelle les dalles des liseuses électroniques. Quels sont ses différences, ses atouts et ses défauts face à un écran classique ? On l’a testé pour vous avec le TCL NxtPaper 70 Pro.

Le prix public conseillé du TCL NxtPaper 70 Pro démarre à 299 euros. Le téléphone se décline en deux configurations avec 256 Go ou 512 Go de stockage (aucune autre modification entre les deux). Comptez une cinquantaine d’euros pour passer de l’une à l’autre (surplus que nous vous déconseillons, puisque le téléphone dispose d’un port microSDXC). Le Nxtpaper 70 Pro est disponible en France depuis le premier trimestre 2026. Ces quelques mois n’ont que très peu érodé le prix du téléphone.

La concurrence du NxtPaper 70 Pro est assez large. Vous retrouvez des téléphones vendus autour des 300 euros chez pratiquement toutes les marques : Oppo, Realme, Xiaomi, Poco, Redmi, Motorola, Samsung, Honor, etc. Il se décline en deux coloris : doré et bleu. C’est ce dernier, un peu plus sobre, qui habille notre exemplaire de test.

Dans la boîte, le NxtPaper 70 Pro est accompagné d’un câble USB-C vers USB-C et d’une coque en polycarbonate. Une douce attention pour protéger le téléphone dès son activation. Pour les besoins de ce test, notre exemplaire de test est accompagné d’un stylet tactile et d’une coque. Outre sa fonction de protection du téléphone, cette dernière intègre un emplacement pour ranger le stylet et un pied escamotable pour transformer le 70 Pro en un lecteur vidéo. Cet accessoire très pratique est vendu seul ou en pack. Il coûte une quarantaine d’euros dans les deux cas.

Démarrons ce test avec un tour du propriétaire. Le NxtPaper 70 Pro n’est pas un smartphone qui se distingue particulièrement par son design. Il passe facilement inaperçu, surtout quand il est posé à côté d’un téléphone plus exubérant, comme un RedMagic, un Huawei ou un Nothing. Il n’est pas inélégant, bien au contraire. Il convient clairement au plus grand nombre, notamment à ceux qui cherchent un produit « passe-partout ».

Au dos, vous retrouvez un petit module photo aux extrémités arrondies. Flanqué d’un flash et d’un capteur colorimétrique, il contient deux éléments que nous détaillerons dans la partie « photo » de ce test. Le flash et le module photo sont tous deux protubérants. Même si cette épaisseur supplémentaire est réduite, elle est suffisante pour déséquilibrer le téléphone quand il est posé sur le dos.

En façade, vous retrouvez un écran un peu particulier, avec une finition mate qui supprime quasiment tous les reflets. Ce n’est pas une protection posée en usine : il n’y en a pas ici. Il s’agit d’un verre minéral spécifique, développé par TCL avec Asahi Glass. Sous les doigts, cet écran offre un toucher très différent d’un verre minéral classique. C’est très agréable et ça glisse tout autant (voire même un peu plus). Un poinçon central pour le capteur selfie est positionné en haut. Il accompagne l’écouteur téléphonique, caché dans l’épaisseur de la bordure.

Parce que sa dalle est un peu spéciale, le NxtPaper 70 Pro n’adopte pas de lecteur d’empreinte sous l’écran. Le capteur biométrique est ici caché dans le bouton de mise en marche, sur la tranche de droite. Une solution adoptée par Sony et par tous les smartphones pliants. Toujours sur la tranche de droite, vous retrouvez un commutateur spécifique à TCL : il permet de passer le smartphone en mode liseuse. En outre, l’écran est compatible avec les stylets tactiles, ce que de nombreux téléphones, même quatre fois plus chers, ne proposent pas.

Les matériaux utilisés par TCL ne sont pas spécialement premium. Pas de métal ici, ni de verre minéral : les tranches et le dos sont habillés de polycarbonate. Profitant d’un toucher assez doux, la finition est mate. Mais elle retient très légèrement les traces de doigt. En supprimant le verre et le métal, TCL propose ici un téléphone qui reste léger compte tenu de sa taille : 208 grammes. S’il n’est habillé de plastique, le NxtPaper 70 Pro n’en est pas moins durable, puisqu’il est certifié IP68.

Une fois le smartphone allumé, nous arrivons sur l’interface TCL UI 9.0, basée sur Android 16. Cette interface est, en grande partie, assez proche de celle que vous pouvez retrouver sur tous les autres téléphones sous Android avec deux écrans d’accueil, un écran Discover, des raccourcis permanents en bas de l’écran, les applications de Google installées par défaut, etc. Par défaut, le tiroir d’application est activé et le volet pour les notifications est séparé de celui pour les réglages rapides.

L’interface compte beaucoup de partenaires commerciaux. Facebook. Tiktok. Reelshort. Linkedin. AliExpress, etc. Sans compter quelques jeux et un dossier avec des raccourcis vers d’autres annonceurs. TCL inclut également un widget sur cette seconde page qui présente des infos généralistes poussées par MSN. Logiquement, le widget peut gérer d’autres sources. Mais MSN est la seule installée par défaut. Côté intelligence artificielle, outre Gemini, TCL propose « TCL AI », un ensemble assez classique de modèles d’édition et de traduction de texte.

L’intérêt de TCL UI n’est pas dans son interface, mais dans l’adaptation de cette interface à un écran NxtPpaper. En utilisant le bouton matériel dédié sur la tranche de droite, vous entrez dans la zone NxtPaper qui adapte les couleurs de l’interface. Le mode papier couleur réduit simplement la lumière bleue, sans dégrader l’expérience. Le mode papier à encre passe l’interface en noir et blanc façon « e-ink ». Attention, certaines applis vont forcer le retour au mode standard couleur, notamment Appareil Photo ou Google Photos.

Le dernier mode de la zone NxtPaper s’appelle « Max Ink » transforme le téléphone en tablette pour lire. Dans ce dernier mode, l’écran Discover est remplacé par le menu « liseuse ». Et il n’y a plus aucune application connectée, hormis le téléphone, la messagerie, Google Play Book (pour acheter des livres) et MSN pour lire un flux de news personnalisable. C’est ce dernier qui est le plus intéressant. Vous pouvez cependant forcer le système à rajouter des applications dans le mode Max, comme WhatsApp par exemple.

Restons en façade et étudions cet étrange écran d’un peu plus près. Il s’agit d’une dalle de 6,9 pouces. L’écran est donc assez large et difficile à utiliser avec une seule main. Mais le confort est indéniable : qu’il est facile de lire ou de regarder une vidéo avec le NxtPaper 70 Pro. Le ratio 19,5/9e est assez classique. La définition est Full HD+ pour une résolution de 374 pixels par pouce. Cela reste très propre.

Si TCL promet l’arrivée d’une version OLED de son écran NxtPaper, ce n’est pas encore le cas ici : la dalle est LCD IPS. Cela veut dire que les taux de contraste ne sont pas si profonds qu’avec d’autres téléphones vendus au même prix. Nous avons mesuré un taux de 4811/1. Si ce téléphone avait été une télé, ce résultat aurait été correct. Mais pour un smartphone, ce n’est pas très bon.

Le taux de rafraichissement atteint 120 Hz, ce qui est parfait pour assurer théoriquement une bonne fluidité des animations. Nous verrons dans quelques instants que la fluidité n’est pas toujours présente, mais ce n’est pas la faute de l’écran.

La technologie NxtPaper a deux avantages, mais qui ont également des contraintes. Le premier est la réduction des reflets. C’est bien pour lire en intérieur, même sous une lampe. Mais en plein soleil, c’est moins probant, parce que l’écran devient globalement moins lisible en extérieur et que la luminosité dégagée est assez faible.

Officiellement, le téléphone profite d’une luminosité « typique » de 900 nits. Mais, en extérieur, le gain de luminosité n’est pas assez fort, même en mode automatique. Pourtant, avec notre sonde et en mode manuel, nous avons mesuré une luminosité comprise entre 650 et 690 nits (en fonction des profils colorimétriques).

Le second avantage de NxtPaper est la réduction de la lumière bleue pour lire plus longtemps sans contrainte sur les yeux. Mais, contrairement à un mode nuit par exemple, les couleurs restent « naturelles ». Le téléphone dispose de deux profils colorimétriques : mode naturel et mode brillant. Le premier est le plus respectueux des couleurs avec un Delta E moyen à 2,3 et une température moyenne à 6411°. La température du blanc est bonne à 6456°.

En revanche, le gamma moyen est à 2,3 avec un net décroché sur les nuances très claires du gris. Et selon nous, c’est dû à l’antireflet. Avec le mode brillant, l’écran est moins bien calibré avec une température moyenne qui dépasse très largement les 7000°. À éviter si vous aimez regarder des films et des séries sur votre téléphone.

Passons sous le capot. La plate-forme installée ici est assez commune. Il s’agit du Dimensity 7300 de MediaTek assez vieux (sorti en 2024) que vous retrouvez également dans plusieurs dizaines de téléphones, dont le Reno 12 d’Oppo, le CMF Phone 1, les Motorola Edge 60 et Edge 60 Fusion, etc. Il existe une version Max qui anime le Reno 16 Pro. Mais ce n’est pas celle-ci que nous retrouvons ici. Le SoC est accompagné de 8 Go de RAM physique et, par défaut, de 4 Go de RAM virtuelle. Vous pouvez l’étendre jusqu’à 16 Go. Et vous pouvez la désactiver.

Sans surprise, dans sa configuration par défaut, le NxtPaper 70 Pro n’est pas un smartphone puissant. Et même en augmentant la RAM virtuelle, cela ne change pas. Nous évoquions précédemment que la fluidité de l’interface n’était pas toujours au rendez-vous. Et c’est bien évidemment à cause du SoC. Ce n’est pas très grave au quotidien. Mais les petits ralentissements intempestifs en énerveront certains.

Il y a cependant une bonne nouvelle avec le Dimensity 7300. Ce composant ne chauffe pas. Nous avons mesuré une température de 47°C au dos du téléphone et 45°C sur l’écran et les tranches. C’est très raisonnable. La stabilité est également excellente, puisqu’elle dépasse allègrement les 90% dans tous les stress tests. Nous pensons également que ce SoC n’est pas très gourmand en énergie.

Cependant, malgré l’utilisation d’un SoC assez frugal, le NxtPaper 70 Pro n’offre pas une autonomie très élevée. Celle-ci est en moyenne autour d’une journée et demie. Les deux scores ci-contre ont été obtenus en mode standard et en mode « papier noir et blanc », le premier étant le moins endurant. Et pour les joueurs, le résultat est correct, sans plus : 4 heures d’endurance avec Honkai Star Rail avec les paramètres par défaut.

Il y a certainement plusieurs raisons à cette performance mitigée. Nous en avons identifié deux. La première est la capacité de la batterie : 5200 mAh seulement, alors que de nombreux téléphones dépassent les 6000 mAh, même sur le milieu de gamme. La seconde est une optimisation logicielle qui pourrait être meilleure : les ralentissements observés durant ce test en sont la preuve.

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