Un accident mortel survenu au Texas en juin dernier a immédiatement mis en cause la conduite autonome de Tesla. Les enquêteurs américains viennent de publier leurs premières conclusions après avoir récupéré les données du véhicule. Le logiciel n'a rien à voir avec le drame.
Les systèmes de conduite assistée se retrouvent accusés dès qu'un accident survient. Le réflexe est devenu automatique aux États-Unis, où ces technologies équipent des centaines de milliers de voitures. Tesla le sait mieux que personne, sa marque restant la plus scrutée du secteur. Le constructeur promet pourtant des progrès constants. La dernière version du Full Self-Driving devait justement mieux détecter les obstacles imprévus, comme un bus scolaire arrêté au bord de la route. Chaque nouveau drame relance pourtant le même procès.
Le 19 juin dernier, une Tesla Model 3 a quitté la chaussée à Katy, dans la banlieue de Houston, avant de percuter une maison de plein fouet. Martha Avila, une résidente de 76 ans, est morte des suites de ses blessures. Le conducteur affirmait alors rouler avec le Full Self-Driving activé, ce logiciel de conduite supervisée que la Lituanie a homologué au printemps en s'appuyant sur le seul feu vert néerlandais. La famille de la victime a porté plainte contre le constructeur américain.
Les enquêteurs ont depuis récupéré les données enregistrées par la Tesla Model 3. Selon le rapport préliminaire du National Transportation Safety Board, le conducteur de 44 ans avait bien enclenché le Full Self-Driving avant de l'annuler lui-même. Il a enfoncé la pédale d'accélérateur à 100 %, ce qui coupe immédiatement le logiciel et rend la main à l'humain. La voiture filait à 117 km/h dans une rue résidentielle limitée à 48 km/h. Les images de vidéosurveillance montrent le véhicule accélérant à travers une intersection avant de quitter la route. La météo était claire, la chaussée sèche, en plein jour.
Ces conclusions confirment la version défendue par Tesla dès les premiers jours. Elon Musk avait publiquement rejeté l'accusation, rappelant que le Full Self-Driving roule lentement dans les quartiers résidentiels. Michael Butler, le conducteur mis en cause, a déclaré aux autorités s'être évanoui au volant. Il est aujourd'hui poursuivi pour homicide involontaire et reste présumé innocent. L'enquête définitive prendra encore des mois, et l'agence américaine de sécurité routière mène ses propres investigations en parallèle.





