Le courant passe mal dans les urnes

L’État de New York a mis en place un moratoire pour interdire la construction de datacenters. Un signe supplémentaire de l’opposition grandissante des Américains à l’installation de ces infrastructures énergivores près de chez eux.
« Le progrès ne devrait pas s’accompagner d’une hausse de la facture d’énergie, d’une réduction de l’approvisionnement en eau ou de nuisances sonores », a affirmé Kathy Hochul, la gouverneure de l’État de New York, en signant un décret imposant le moratoire interdisant pendant un an la construction d’un datacenter dans l’État. Une première aux États-Unis.
Dans le détail, ce moratoire suspend la délivrance d’autorisations pour les nouveaux centres de données ; il charge les autorités de mettre au point des normes portant sur les conséquences de ces infrastructures sur l’environnement, la consommation d’eau et d’énergie. L’État de New York n’étant pas la destination première pour les constructeurs de datacenters, l’impact du décret devrait être assez modeste.
Un des lobbys du secteur, la Data Center Coalition, déplore tout de même chez AP un moratoire qui garantira que les investissements, les emplois et l’activité économique liés à la construction et à la production « iront ailleurs qu’à New York, avec des répercussions qui dépasseront largement le seul secteur des centres de données ».
Les datacenters font l’unanimité contre eux
Des moratoires du même genre sont en discussion dans une dizaine d’États américains, mais aucun n’est allé aussi loin que New York. Il y a néanmoins des comtés et des municipalités qui ont imposé leurs propres interdictions. Les considérations politiques ont aussi leur place : la démocrate Kathy Hochul va se représenter l’année prochaine et les datacenters n’ont pas la cote chez de plus en plus d’électeurs.
Les élections de mi-mandat (midterms) sont également en approche : le 3 novembre, les électeurs devront notamment renouveler la Chambre des représentants, un tiers du Sénat, sans oublier de nombreux scrutins locaux. Plusieurs primaires désignant les candidats du Parti républicain pour des élections locales et régionales ont montré que même les supporters de Donald Trump ne sont forcément fans des datacenters.






