Depuis le 18 août, une coalition d’États américains affrontait Meta devant un tribunal fédéral de Californie, à Oakland. Les procureurs reprochaient à Facebook et Instagram d’avoir été pensés pour rendre accros enfants et adolescents, d’avoir nourri une crise de santé mentale chez les jeunes et d’avoir collecté les données de mineurs de moins de 13 ans sans l’accord de leurs parents. Plutôt que d’aller au bout d’un procès qui pouvait coûter très cher, l’entreprise a préféré négocier. Le revirement est arrivé juste après le passage à la barre d’Adam Mosseri, patron d’Instagram, qui avait déjà nié toute « dépendance clinique » à ses applications. Mark Zuckerberg, patron de Meta, devait lui aussi témoigner.
Meta avait de bonnes raisons de ne pas tenter le jury. En mars, l’entreprise a perdu les deux phases d’un procès emblématique intenté par le Nouveau-Mexique, condamnée à verser 375 millions de dollars pour avoir trompé les consommateurs sur la sécurité de ses plateformes. Ce revers récent pesait forcément dans la balance au moment d’ouvrir des négociations.
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Selon Reuters, qui cite les documents déposés au tribunal, Meta versera au maximum 16,68 milliards de dollars, soit près de 14,3 milliards d’euros, pour solder les plaintes de 29 États. L’entreprise continue de nier tout comportement fautif et présente l’arrangement comme un modèle à suivre pour YouTube et TikTok. Rappelons que Meta avait déjà été reconnue coupable, avec Google, de négligence envers la santé mentale de ses utilisateurs.
Cette histoire de « modèle à suivre » n’est pas qu’une posture puisque environ 30 % de la somme, soit près de 5,3 milliards de dollars, ne sera versée que si YouTube et TikTok adoptent à leur tour des mesures visant à réduire la dépendance à leurs applications.
Au-delà de cet énorme chèque, l’accord impose une série de changements pour les comptes adolescents, applicables partout aux États-Unis et censés arriver dans les mois qui viennent.
Dans le détail, les comptes des moins de 18 ans passeront par défaut à une limite de deux heures par jour, avec un blocage des applications entre minuit et 6 heures et une coupure des notifications pendant les heures de cours (des réglages que seuls les parents pourront lever). Les ados pourront aussi opter pour un fil chronologique plutôt qu’un fil trié par l’algorithme, et ne verront plus le nombre de « j’aime » affichés sur les publications. Le contrôle de l’âge devrait aussi être renforcé pour tenir les plus jeunes enfants à l’écart des applications.
Rien n’est encore définitif. La juge fédérale Yvonne Gonzalez Rogers doit valider l’accord avant qu’il ne s’applique. Il faut aussi remettre la somme en perspective : avant le procès, les États réclamaient un montant bien plus lourd, de l’ordre de 200 milliards de dollars. Ce dossier ne referme donc qu’une partie du front judiciaire pour Meta, encore visé, comme TikTok, YouTube ou Snapchat, par des milliers de plaintes aux États-Unis.
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J'ai rejoint officiellement Frandroid en janvier 2017. Je fais donc partie des meubles aujourd'hui en essayant de ne pas prendre la poussière. Après avoir géré quelques années l'univers smartphones et hérité du rôle de rédacteur en chef adjoint, j'ai eu l'honneur d'être nommé rédacteur en chef en 2024 pour gérer la grande équipe d'experts qui animent Frandroid. J'apprends donc une nouvelle dimension managériale sans pour autant quitter mon rôle premier qui est d'écrire des articles. J'aime la tech, mes collègues, les mangas, Donjons et Dragons, le piano et les anecdotes inutiles.
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