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J’ai testé le Google Pixel 11 Pro et j’ai l’impression d’avoir gardé mon Pixel 10 Pro

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Je ne l’ai jamais caché dans mes tests : j’aime beaucoup les Google Pixel. J’avais eu la chance en 2018 de participer au lancement du premier Pixel en France (le Pixel 3) et, depuis, j’ai toujours fait des smartphones de Google mes appareils Android du quotidien. J’ai particulièrement apprécié la montée en gamme des Pixel 7 et le redesign des Pixel 9 : tout suggérait alors que Google était prêt à rivaliser avec Apple et Samsung sur le marché occidental.

Malheureusement, depuis deux ans, Google me donne l’impression de stagner. Le Pixel avance très légèrement d’une génération à une autre et, avec la nouvelle gamme Pixel 11, donne presque l’impression de faire du surplace. C’est simple : après une semaine de test, j’ai l’impression d’avoir le même téléphone que depuis l’année dernière. Ce qui m’inquiète est que la concurrence progresse et que l’avance historique de Google sur la photo ou l’expérience utilisateur est désormais compromise par Apple ou Samsung… et surtout les acteurs chinois (Oppo, Honor, etc.).

Numerama vous propose sur YouTube un test complet du Google Pixel 11 Pro, avec beaucoup plus d’illustrations que dans cet article. N’hésitez pas à vous abonner pour ne pas rater nos futures vidéos, notamment sur les iPhone 18 Pro et iPhone Ultra :

HiLight, la nouvelle fonction vedette du Pixel 11 Pro, illustre parfaitement le manque d’innovation que l’on reproche à Google.

Pour la première fois dans un smartphone moderne, Google a eu l’idée de disposer des LED autour du flash dans le module caméra. Elles ne sont pas visibles quand l’appareil est éteint : le Pixel 11 Pro donne l’impression d’avoir un smartphone normal. Mais, quand la fonction HiLight est activée, alors le flash donne l’impression de changer de couleur.

Mais il y a tout de même plusieurs problèmes. Le plus flagrant est l’inutilité totale de HiLight dans sa v1.0 : Google a grandement limité ses capacités. Le flash coloré peut faire deux choses :

Outre sa relative inutilité qui pourra être corrigée par des mises à jour (le minuteur ou la musique ont leur place dans la diode), HiLight souffre d’une luminosité trop faible pour un usage en extérieur, d’une surface d’affichage trop petite pour que l’on se rende compte que le téléphone clignote et de plusieurs bugs qui font que le téléphone ne comprend pas toujours quand il est sur le ventre. L’écran toujours allumé apparaît comme beaucoup plus pratique dans tous les usages : HiLight est un gadget qui mérite une seconde chance, mais nous rappelle plus le capteur Soli des Pixel 4 (un capteur de mouvement vite abandonné) que les plus grandes innovations de Google.

Notons que HiLight vient avec un sacrifice : le capteur de température infrarouge présent depuis le Pixel 8 Pro disparaît de la liste des capteurs. Google acte ainsi son échec… mais le remplace par une nouveauté encore plus accessoire. C’est dommage.

Posez un Pixel 11 Pro à côté d’un Pixel 10 Pro et vous aurez du mal à les distinguer. Il y a 0,2 mm et 3 grammes d’écart entre les deux appareils, ce qui en dit long sur les changements internes de cette génération. La barre du module caméra évolue légèrement pour devenir totalement noire, mais le reste du design est quasiment identique. Même les bordures d’écran, pourtant considérées trop comme épaisses par certains, ne bougent pas. Les rares nouveautés sont dans la fiche technique :

On ne va pas se mentir : le nombre de nouveautés est dérisoire. Est-ce un problème ? Pas forcément. Le Pixel 10 Pro était un excellent smartphone et rééditer un excellent smartphone reste une stratégie défendable. On reproche d’ailleurs beaucoup moins à Apple de recycler ses iPhone d’une année sur l’autre qu’à Google : preuve que ce sont surtout les attentes qui sont plus hautes avec Google.

À l’avenir, j’aimerais que Google prenne plus de risques. Avec ses volumes de vente bien plus faibles que ceux d’Apple ou de Samsung, la marque dispose théoriquement de plus de liberté. Elle aurait pu s’essayer aux batteries silicium-carbone (le Pixel 11 Pro tient la journée, sans plus), expérimenter la recharge ultra-rapide, limiter les bordures d’écran ou essayer de nouveaux formats, à l’image de Huawei en Chine.

Sur la photo heureusement, le Pixel 11 Pro reste un appareil formidable. La formule évolue peu : Google embarque un capteur principal de 50 Mpx sur une surface de 1/1,3 pouce, un ultra grand-angle de 48 Mpx et un téléobjectif x5 de 48 Mpx, soit la même chose que l’année dernière. Mais il y a en réalité des nouveautés : le zoom capte environ 30 % de lumière en plus grâce à son capteur plus grand, ce qui lui permet au passage de pousser le curseur du zoom numérique de x100 à x120. L’honnêteté m’oblige à dire que je n’en ai jamais eu vraiment « besoin », mais l’option reste agréable pour zoomer sur un avion.

Reste le paradoxe habituel des Pixel : l’effet wahou est garanti, mais il ne vient pas du matériel.

Google n’a pas le meilleur module caméra du marché et n’a jamais cherché à l’avoir. La marque compense tout par l’algorithme qui fonctionne remarquablement bien depuis dix ans : les photos du Pixel sont sublimées après un traitement logiciel. Reste l’éternel débat du vrai ou faux : sur le papier, Google invente pour rendre l’image belle. Mais, dans les faits, les images sont vraiment agréables à regarder et les ratés sont rares.

Exemple avec le Zoom Pro x120 qui repose sur un modèle d’IA générative embarqué qui doit être téléchargé pour fonctionner : sans lui, impossible de dépasser x30. Surtout, le téléphone enregistre systématiquement deux fichiers, la photo passée par l’IA et la version brute. Google fournit donc lui-même de quoi mesurer ce que l’algorithme invente : on peut voir que son algorithme n’hésite pas à inventer du texte pour améliorer la texture. Il n’est pas utile pour tout et revient à générer une image qui s’inspire de la réalité.

Le mode nuit, lui, reste une force historique des Pixel. La Vision de nuit instantanée est annoncée jusqu’à 4,5 fois plus rapide grâce à un logiciel repensé et aux 50 % de puissance TPU supplémentaires du Tensor G6. J’ai bien vu des différences : c’est plus rapide pour un résultat comparable. Mais ce n’est pas non plus la révolution pour un mode nuit.

Dernière nouveauté notable : Capture magique. Le principe répond à un vrai problème : comment choisir entre la photo et la vidéo quand ce que l’on voit se prête aux deux ? En un appui, le téléphone filme et sort automatiquement des photos recadrées et défloutées, prêtes à partager. Le fonctionnement est en revanche assez opaque : Google affirme qu’il s’agit de vraies photos passées par le traitement Pixel Camera, mais le rendu suggère tout de même plus une capture d’écran améliorée.

Et le reste ? Le Pixel 11 Pro introduit aussi la suite de fonctions agentiques Gemini Intelligence annoncée en mai avec Android 17.

Problème : l’Assistance proactive, qui alimente l’essentiel de ces nouveautés, est réservée à sept pays : les États-Unis, le Canada, l’Australie, le Japon, l’Inde, Singapour et la Malaisie. Le Royaume-Uni a droit à un équivalent, l’Union européenne est exclue de la liste.

Heureusement, il reste une petite pépite : Rambler. Cette nouvelle dictée vocale intégrée à Gboard ne fait plus de la dictée mot à mot. Elle supprime les hésitations, corrige les bégaiements, met en forme les listes, ajoute la ponctuation et comprend surtout des consignes en langage naturel pour modifier un texte déjà écrit ou le réécrire dans un autre ton, dans n’importe quelle application. J’en suis déjà fan : c’est typiquement le genre de fonctions qui peut me faire préférer un Pixel à un iPhone.

Le Google Pixel 11 Pro est commercialisé à partir de 1 199 euros et le Google Pixel 11 Pro XL à partir de 1 399 euros. Voici les meilleures offres du moment :

Autre option : achetez le Pixel 10 Pro de l’année dernière. Au vu des faibles nouveautés, c’est certainement une meilleure affaire.

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