A Alixan, près de Valence, la justice a imposé la suspension du projet de datacenter porté par la société Sesterce suite à un recours en référé d'un collectif d'associations contestant le projet.
Coup d'arrêt pour le projet de datacenter d'Alixan : le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble a suspendu la semaine dernière le permis de construire décerné à la société Sesterce pour la construction d'un centre de données dédié à l'intelligence artificielle. La justice avait été saisie au début du mois de juillet par un collectif d'associations et de riverains, regroupés sous la bannière du collectif Assez Datacenters (Assez DC).
Les opposants au projet dénoncent auprès de France 3 un projet "construit en cachette sans aucun débat, sans aucun questionnement des citoyens sur ce qui se cache derrière les datacenters et leurs nuisances." Un argument qui a fait mouche auprès du juge des référés : dans sa décision, celui-ci souligne notamment l'absence d'étude d'impact nécessaire à l'évaluation des effets du projet sur l'environnement.
Le juge souligne qu'à terme, l'installation "nécessitera une puissance électrique supérieure à 60 mégawatts (MW)" et que ses groupes électrogènes de secours demanderont une puissance encore supérieure. Dans ce contexte, le projet nécessite selon lui une étude d'impact. En outre, le juge des référés souligne également que le projet est potentiellement non conforme aux règles d'urbanisme en vigueur sur la parcelle du projet. Le projet est donc gelé en attendant le jugement sur le recours en annulation.
Le projet avait initialement été annoncé en début d'année 2025, à l'occasion du Sommet pour l'IA. La société Sesterce avait alors présenté une première version du projet d'une puissance de 40MW pour un investissement initial de 450 millions d'euros. Quelques mois plus tard, Sesterce annonçait une nouvelle version du projet bien plus ambitieuse : celui-ci passait alors de 40 MW à 80MW, pour un investissement total de 1,5 milliards d'euros.
Le site retenu pour l'installation était situé au sein du parc économique de Rovaltain, dépendant de la commune d'Alixan dans la Drôme. Il entendait s'inscrire dans le cadre du plan de développement des datacenters annoncé par le gouvernement en 2025, portant principalement sur la réhabilitation de sites industriels désaffectés pour les transformer en centre de données. Le datacenter de Sesterce entendait s'implanter dans les anciens locaux d'un laboratoire désaffecté depuis plusieurs années. Le projet a obtenu un permis de construire signé par le maire de la commune au mois de décembre 2025.
Sesterce est une entreprise française basée à Marseille, fondée en 2018. A l'origine, celle-ci s'était spécialisée dans la construction et le déploiement d'infrastructures à destination du secteur de la blockchain et des cryptomonnaies, une activité qui demandait déjà des infrastructures de calcul largement basées sur les processeurs graphiques qui offrent des capacités de calcul parallélisées supérieures aux processeurs classiques.
Si l'engouement pour la blockchain s'est essoufflé, le secteur de l'intelligence artificielle qui se développe fortement depuis 2022 s'appuie sur des infrastructures de calcul comparables. Sesterce s'est donc reconverti sur ce segment, et faisait de son datacenter d'Alixan un de ses projets phares. Le début d'exploitation du site était initialement prévu pour la fin d'année 2026. La décision de justice risque donc de retarder le calendrier prévu initialement.
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