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Procès Meta : la responsabilité algorithmique une nouvelle fois défiée en justice

Confronté à une vague d'actions en justice sans précédent menée par près de trente États américains, Meta voit son modèle économique et ses choix algorithmiques directement remis en cause.

Devant le tribunal fédéral d'Oakland (Californie), le procès qui s'ouvre oppose Meta à 29 États américains marque un tournant comparable aux actions en justice subies par l'industrie du tabac dans les années 1990.

L'accusation soutient que le groupe connaissait parfaitement les effets néfastes de ses applications sur la santé mentale des mineurs, tout en les minimisant auprès du grand public.

Au centre des débats, le témoignage d'Arturo Béjar, ex-directeur de l'ingénierie sécurité chez Meta. Il met en cause la gouvernance de l'entreprise. Selon lui, les rapports publics sur la modération des plateformes du groupe sous-estimeraient les risques réels d'un facteur cent. S'appuyant sur des enquêtes internes, il explique que 51 % des adolescents interrogés déclaraient avoir vécu une expérience nuisible avec les outils de Meta, et ce alors que le contenu problématique n'était retiré que dans 0,02 % des cas.

« Seul un homme avait le pouvoir de changer cette culture. Le PDG Mark Zuckerberg. Mais il ne l'a pas fait », mentionne Arturo Béjar, relaye La Dépêche.

Cette offensive judiciaire s'appuie sur des documents internes datant de 2019 et 2020 révélant qu'une adolescente sur trois voyait son image corporelle dégradée par Instagram. Et que 13 % des utilisatrices britanniques présentant des idées suicidaires les reliaient directement à l'usage du réseau social, comme le détaille Euronews.

L'accusation reproche à Meta d'avoir sciemment conçu ses interfaces pour maximiser la rétention des utilisateurs à travers des mécanismes d'engagement agressifs tels que le défilement infini (infinite scroll), la lecture automatique ou les notifications ciblées.

Dès 2015, la direction de Meta fixait des objectifs de croissance de 12 % du temps passé, visant une moyenne quotidienne de 46 minutes par utilisateur d'ici 2026.

Pour réguler l'usage face à ces stratégies de maximisation du temps d'attention, l'argumentaire de la défense repose sur le déploiement d'outils d'auto-régulation. Mais cela peine à convaincre dans la mesure où seulement 1,1 % à 2 % des adolescents activent réellement ces fonctionnalités de pause ou de limitation temporaire.

Par ailleurs, les procédures récentes contre Meta illustrent la montée en puissance de la pression financière et réglementaire sur le secteur aux Etats-Unis :

Historiquement protégés par la Section 230 du Communications Decency Act aux États-Unis, les hébergeurs et éditeurs de services en ligne voyaient leur responsabilité écartée pour les contenus générés par des tiers.

Toutefois, les tribunaux rejettent désormais cette immunité en ciblant le design fonctionnel des plateformes et le fonctionnement intrinsèque des algorithmes de recommandation.

Pour contrer ces attaques, la défense de Meta avance que la vérification de l'âge via des pièces d'identité ou des cartes bancaires présente des contraintes d'accessibilité et suggère de déplacer cette obligation légale vers les fabricants de terminaux et les systèmes d'exploitation mobiles. Le groupe tente d'établir que la gestion des accès mineurs relève avant tout des magasins d'applications d'Apple et de Google.

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L’arrivée sur desktop intervient alors que Meta AI reste en retrait face à ChatGPT et Claude, dont les applications Mac permettent déjà de contrôler directement l’ordinateur plutôt que de simplement en lire le contenu.

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