Recevez tous les soirs un résumé de l’actu importante avec Le Récap’
Montrez-lui une saleté du doigt, et il partira la nettoyer. C’est la nouvelle capacité assez bluffante du Matic, un aspirateur robot encore méconnu en France, mais qui enchaîne les excellentes critiques aux États-Unis.
Baptisée Matic Cues, cette fonction permet de désigner directement une zone au sol. Après avoir entendu « Hey Matic », le robot détermine la provenance de la voix, se tourne vers son utilisateur et observe la direction indiquée par sa main. Une simple commande comme « clean this » (« nettoie ça ») suffit ensuite à lancer le nettoyage.
Plus besoin de sortir son smartphone, d’ouvrir l’application et de dessiner approximativement un rectangle sur la carte. Le Matic peut même suivre son propriétaire jusqu’à la pièce concernée avant de recevoir ses instructions.
La démonstration pourrait facilement passer pour une vidéo promotionnelle un peu trop parfaite. Pourtant, les premières prises en main confirment que le système fonctionne. The Verge relève simplement qu’en pointant depuis une position debout, le robot peut sélectionner une zone assez large. Pour cibler précisément une petite saleté, il faut parfois se baisser et rapprocher son doigt du sol.
Cette nouvelle fonction arrive surtout sur un appareil qui avait déjà été particulièrement bien accueilli : WIRED lui a attribué la rare — mais pas unique ! — note de 10/10, tandis que The Verge lui a accordé 9/10.
Derrière cet appareil aux airs de Wall-E se trouve Matic Robots, une jeune entreprise de Mountain View fondée par deux anciens de Google Nest spécialisés dans la vision par ordinateur.
Son premier robot aspirateur-laveur adopte une approche assez différente de celle des géants chinois du secteur : pas de lidar ni d’imposante station multifonction, mais cinq caméras, un processeur Nvidia et une navigation reposant largement sur la reconnaissance visuelle. Plus de 13 000 familles l’utilisent, selon son cofondateur, malgré une commercialisation limitée aux États-Unis et un joli prix de 1 245 dollars.
Concrètement, ses caméras RGB et infrarouges lui permettent de construire une carte 3D du logement, de reconnaître les différents revêtements et d’identifier de petits obstacles comme des câbles, des chaussures ou des chaussettes. Matic affirme qu’il peut cartographier une habitation de 280 m² en moins de 20 minutes.
La fonctionnalité Matic Cues exploite ce matériel déjà présent. La détection de « Hey Matic », la localisation de la voix et la reconnaissance du geste sont traitées localement, directement sur le robot. Les images et les sons ambiants précédant l’activation ne quittent pas l’appareil. Seule la commande prononcée après le signal sonore est transmise, de manière anonyme, à l’API Gemini de Google.
Ce fonctionnement permet au robot de comprendre plus de 70 langues et des demandes relativement naturelles. On peut lui demander de nettoyer uniquement les sols durs, d’éviter une partie d’un tapis ou de s’occuper des plinthes de la cuisine. Point important : les microphones sont désactivés par défaut, jusqu’à ce que vous décidiez de les activer.
Le Matic ne ressemble pas vraiment aux appareils qui dominent le marché. Les modèles haut de gamme misent généralement sur une puissance toujours plus élevée, de nombreux capteurs et une imposante station multifonction.
Le DJI Romo combine ainsi deux caméras, trois LiDAR et une aspiration de 25 000 Pa. Le Dreame X60 Max Ultra Complete grimpe même à 35 000 Pa, contre 8 000 Pa pour le plus abordable Roborock QV 35A. Ces modèles figurent dans notre guide des meilleurs aspirateurs robots.
Face à eux, les 3 200 Pa du Matic semblent presque dérisoires. Il a pourtant obtenu de très bons résultats lors de tests indépendants, notamment sur les tapis et les poils d’animaux, grâce à son débit d’air élevé et à sa large brosse.
Le Matic se passe également de grande station. Son rouleau est essoré en continu, tandis que la poussière et l’eau sale terminent dans un même sac HEPA, où le liquide est transformé en gel. Sa petite base prend moins de place. En contrepartie, les sacs propriétaires peuvent se remplir rapidement : trois jours lors du test de WIRED, contre environ une semaine annoncée par Matic. Haut d’environ 20 cm, il passe aussi moins facilement sous les meubles que le Dreame X60 et ses 7,95 cm.
Le Matic fait donc presque le pari inverse de ses concurrents chinois : moins de puissance brute, aucun lidar et moins d’automatisation autour de la station, mais davantage d’efforts consacrés à la vision, au débit d’air et à la simplicité d’utilisation.
Ces choix ont convaincu plusieurs médias américains. WIRED a salué sa navigation, son silence et sa capacité à terminer ses cycles sans intervention, tandis que The Verge a apprécié sa fiabilité et son évitement des obstacles.
La note maximale de WIRED a néanmoins été embellie au fil des reprises. Certaines publications affirment que le magazine n’avait jamais attribué 10/10 à un produit, ou qu’il s’agirait de sa première note parfaite depuis plus de dix ans. Une affirmation à nuancer : bien que rare, WIRED avait déjà donné 10/10 au casque HyperX Cloud Alpha Wireless en 2022 et à la tente Hilleberg Akto en février 2025, quelques mois avant le test du Matic.
La véritable distinction concerne Adrienne So, l’autrice du test : il s’agissait du premier 10/10 qu’elle avait personnellement attribué en plus de dix ans de carrière. Le Matic a donc bien décroché une note rare, mais pas inédite dans l’histoire de WIRED.
Le récit a été un peu arrangé, pas les qualités du produit. Avec sa navigation par caméras, son fonctionnement silencieux et cette nouvelle possibilité de lui montrer directement les dégâts, le Matic reste l’un des aspirateurs robots les plus originaux du moment. Il reste malheureusement, à ce stade, réservé aux États-Unis, où son prix doit bientôt passer de 1 245 à 1 495 dollars.
Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.
Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci
Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information. C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.
Mais si vous le pouvez, voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :
Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.
Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !
Tous nos articles sont aussi sur notre profil Google : suivez-nous pour ne rien manquer !






