En 2025, nous avions testé l’Eufy Omni E25, et son lavage au rouleau nous avait convaincus au point d’en faire l’un de nos coups de cœur de l’année. Eufy, la marque maison connectée d’Anker, ne s’est pas arrêtée en si bon chemin. Présenté au CES 2026, l’Omni S2 reprend cette recette et pousse tous les curseurs beaucoup plus loin.
Sur le papier, le programme est copieux : une aspiration de 30 000 Pa, soit cinq fois celle du premier Omni S1, un rouleau lavant HydroJet 2.0 qui se nettoie en continu, une station UniClean 2.0 qui gère à peu près tout, et une originalité inédite, un diffuseur de parfum intégré. Le tout à 1 499,99 euros, un tarif qui place ce robot tout en haut du panier. Nous l’avons installé chez nous pendant plusieurs semaines pour vérifier si la copie est à la hauteur de l’addition.
Première surprise en sortant le robot du carton : pas de tourelle LiDAR sur le dessus. L’Omni S2 s’en remet à une caméra RGB et à un capteur 3D dTOF (time of flight) pour se repérer, ce qui lui offre un profil plus bas que la moyenne et une silhouette épurée, coiffée d’un capot translucide du plus bel effet. Conséquence pratique : il se glisse sous des meubles que les robots à tourelle ne peuvent qu’effleurer.
Dessous, Eufy a soigné chaque poste. La brosse principale DuoSpiral, conçue pour évacuer cheveux et poils vers le bac sans s’emmêler, travaille avec une brosse latérale extensible qui se déploie pour aller chercher les résidus dans les coins. À l’arrière, le rouleau lavant HydroJet 2.0 peut lui aussi s’étendre de quelques millimètres pour lécher les plinthes. Le bac à poussière embarque une filtration cyclonique, avec un petit éclairage LED qui permet de voir la poussière tourbillonner. Parfaitement inutile, donc indispensable.
Dernière fantaisie, un logement accueille une capsule de parfum que le robot diffuse pendant le nettoyage.
Trois fragrances sont fournies : Bergamote et Lychee, Citrus et Basilic, Bambou et Sauge. Nous y reviendrons, car le résultat est plus discret que la promesse.
La station UniClean 2.0 est le cœur du système. Avec ses 38,7 cm de large pour 67 cm de haut, elle joue la carte de la verticalité : l’empreinte au sol est plus réduite que celle de la plupart des stations tout-en-un, au prix d’une hauteur supérieure.
Sa robe noire et argentée, tout en courbes, tranche avec les blocs blancs habituels du segment. C’est l’une des rares stations que nous n’avons pas cherché à cacher.
La liste des services rendus donne le tournis : recharge, autovidange du bac vers un sac de 2,5 L, remplissage du réservoir du robot, dosage automatique du détergent depuis une cartouche de 600 mL, lavage du rouleau à l’eau chaude à 60 °C, séchage à air chaud à 55 °C, et même électrolyse de l’eau, un procédé qui produit un désinfectant doux directement dans le réservoir, avec 99,99 % de germes éliminés selon Eufy.
En haut de la station, un écran LCD tactile accompagné de boutons physiques permet de mettre un cycle en pause, de rappeler le robot ou de basculer entre aspiration et lavage. Nous pensions ne jamais nous en servir, dans les faits, c’est très pratique quand le téléphone traîne dans une autre pièce.
Seul vrai reproche d’ergonomie : il faut retirer le réservoir d’eau propre pour accéder au sac à poussière. Un détail, vu la fréquence de l’opération.
L’application offre des cartes en 2D ou en 3D, la gestion de cinq étages, les zones interdites, la fusion et le découpage des pièces, ainsi que des réglages fins pièce par pièce : puissance d’aspiration, humidité du rouleau, nombre de passages, ordre de nettoyage. La fréquence de retour du robot à la station pour laver son rouleau se règle également, de 15 à 85 minutes. Bon point, l’autovidange peut être déclenchée plusieurs fois pendant un même cycle, un vrai plus dans un foyer plein de poils.
Il manque pourtant un mode natif « aspirer puis laver », qui enchaînerait automatiquement les deux passes sur toute la maison. Il faut le reconstituer soi-même via des routines personnalisées, ce qui fonctionne, mais demande un peu de patience lors de la configuration.
À ce niveau de prix, cette absence surprend. Côté maison connectée, l’Omni S2 répond à Alexa, Google Home et Matter, mais avec des commandes vocales basiques : démarrer, mettre en pause, rappeler à la base. Pas de lancement vocal pièce par pièce fiable, ni d’accès à la caméra du robot à distance.
Autre absence surprenante : aucune fonction de caméra à distance, alors que le robot embarque bel et bien une caméra à l’avant. Un comble pour Eufy, dont les caméras de sécurité ont bâti la réputation. Espérons qu’une mise à jour corrige le tir.
Privé de LiDAR, l’Omni S2 aurait pu se montrer hésitant. Il n’en est rien. Le duo caméra RGB et capteur 3D dTOF, piloté par le système CleanMind AI, offre une navigation décidée : le robot ne tourne pas en rond, ne repasse pas dix fois au même endroit et enchaîne les pièces avec méthode, bords d’abord, centre ensuite. Même dans la pénombre, il garde le cap. Seule bizarrerie relevée pendant le test : quelques approximations de découpage sur la carte initiale, corrigées en deux minutes dans l’application.
La détection d’obstacles est du très haut niveau. Câbles, chaussures et sacs sont identifiés et contournés proprement, sans que le robot ne s’y frotte. Les jouets de bonne taille sont évités ; les plus petits objets, surtout sombres, peuvent encore être poussés, un défaut que partage toute la concurrence. Les escaliers ne l’ont jamais piégé et il s’est toujours sorti seul des zones étroites entre meubles où tant de robots finissent leur course en appelant à l’aide.
C’est le moment de parler de notre test maison. Au rez-de-chaussée, un passage de porte présente une marche d’environ 5 cm. C’est un piège redoutable : la plupart des robots que nous testons la franchissent dans un sens, portés par l’élan, puis restent bloqués de l’autre côté, incapables de remonter. L’Omni S2 est l’un des très rares à réussir l’aller-retour, sans hésitation ni acrobatie. Son châssis adaptatif, capable de se surélever, fait ici une vraie différence au quotidien. Eufy annonce un franchissement d’environ 4 cm ; dans les faits, notre marche de 5 cm n’a jamais posé problème. Les seuils classiques et les tapis, eux, sont avalés sans même y penser.
Avec 30 000 Pa annoncés, l’Omni S2 s’installe dans le peloton de tête de 2026, là où les fleurons de l’an dernier plafonnaient autour de 20 000 Pa. Sur sol dur, le constat est sans appel : la terre séchée ramenée par des chaussures de chantier disparaît dès les niveaux de puissance intermédiaires, les graviers fins et les brins d’herbe de l’entrée sont avalés sans broncher.
Dans un foyer avec animaux, la brosse DuoSpiral tient sa promesse : après des semaines d’utilisation quotidienne, aucun cheveu ni poil enroulé autour de la brosse principale ou de la latérale. C’est le genre de détail qui change la vie sur la durée.
Sur tapis, le robot détecte le textile, coupe l’eau, relève son rouleau et adapte sa puissance à la hauteur des poils, jusqu’à 5 cm selon Eufy. Les résultats sont très bons sur poils ras et corrects sur poils longs, sans toutefois creuser un écart aussi net que le laisse espérer la fiche technique face à des robots deux fois moins puissants.
La physique a ses limites : au-delà d’un certain seuil, c’est la brosse qui fait le travail, pas les pascals. Le nettoyage des bords, servi par la brosse extensible, est convaincant, même si le robot roule parfois un peu loin des murs et laisse une fine bande à reprendre dans les angles les plus serrés.
Le point qui nous a le plus étonnés reste le bruit. Nous avons mesuré 50,6 dB à un mètre en fonctionnement : c’est vraiment bien, surtout au regard de la puissance embarquée. On peut laisser tourner le robot pendant une visio ou un film sans monter le son. La sonorité grimpe logiquement à pleine puissance et lors de l’autovidange, mais rien de rédhibitoire.
L’autonomie n’appelle aucune inquiétude : la batterie de 4 600 mAh couvre un grand logement en un cycle à puissance moyenne, et le système de recharge avec reprise prend le relais dans les cas extrêmes. Comptez environ quatre heures pour une charge complète.
C’est ici que l’Omni S2 justifie son existence. Le rouleau HydroJet 2.0 frotte le sol avec une pression de 15 N, environ 1,5 kg, tout en se nettoyant en continu grâce à un double racleur interne : l’eau sale part vers le bac dédié au lieu de recirculer sur le sol. Fini l’effet « serpillière qui étale », le défaut historique des robots laveurs d’entrée de gamme.
Sur notre parquet stratifié et notre carrelage, le résultat est le meilleur que nous ayons obtenu avec un robot : aucune trace, aucun voile, une sensation de sol réellement propre sous les pieds. Les taches séchées du quotidien, café, traces de boue, empreintes de pattes, partent en un seul passage grâce à la pression du rouleau et à la reconnaissance des taches, qui pousse le robot à insister sur les zones récalcitrantes. Les taches sucrées et collantes demandent parfois un second passage, et les joints de carrelage encrassés ne sont que partiellement rattrapés. Aucun robot ne fait de miracle sur ce terrain, mais l’Omni S2 s’en approche plus que les autres.
Autre bonne surprise, la gestion de l’eau est fine : le stratifié, sensible à l’humidité, sèche en quelques instants derrière le robot. Le rouleau extensible va chercher la saleté au ras des plinthes et des meubles de cuisine, un vrai point fort face aux patins rotatifs classiques.
Pour aller plus loin Patins rotatifs, serpillière vibrante ou rouleau lavant : c’est quoi le mieux pour un aspirateur robot laveur ?






