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La pire faille de sécurité de Windows 11 se cache peut-être dans votre barrette de RAM

Les barrettes de mémoire vive passent pour un composant sans histoire. Des chercheurs viennent de démontrer le contraire. En modifiant une simple information qu’elles transmettent au système, ils ont fait tomber les défenses les plus solides de Windows 11.

La RAM reste le composant dont on parle le moins dans un PC. Elle se choisit pour sa capacité, parfois pour sa fréquence. Ses ennuis relèvent du confort plutôt que de la sécurité. Sur de nombreuses machines, l’application Phone Link engloutissait jusqu’à 30 Go de mémoire vive sans prévenir. Personne n’imaginait qu’une barrette puisse servir de porte d’entrée.

Windows 11 est pourtant l’un des systèmes d’exploitation les plus verrouillés du marché. Il exige une puce TPM, isole son noyau, écarte les pilotes vulnérables connus. Ces protections évoluent en permanence, au point que Microsoft avait dû déployer un correctif d’urgence après un Patch Tuesday problématique. Une équipe universitaire britannique vient pourtant de contourner tout cet édifice par logiciel, sans approcher la machine visée.

Devant le USENIX Security Symposium 2026, les chercheurs des universités de Birmingham et de Durham ont baptisé leur attaque Download More RAM. Tout part d’une petite puce de configuration installée sur certaines barrettes DDR4 et DDR5 grand public. Elle annonce au PC la quantité de mémoire disponible. Sur les modèles touchés, rien n’empêche un logiciel de la réécrire. Windows 11 croit alors disposer du double de sa capacité. Créées au passage, les adresses fantômes pointent vers des zones bien réelles.

À partir de là, la lecture comme l’écriture deviennent possibles sur des espaces que Windows 11 protège normalement. L’équipe a neutralisé la sécurité basée sur la virtualisation, désactivé des antivirus et des solutions EDR, réactivé des pilotes bloqués pour cause de piratage. Les anti-triche des jeux tombent aussi. Plus inquiétant encore, un script maison enchaîne toute l’opération en un clic, redémarrage compris.

Trois fabricants sont nommés. Corsair, G.Skill et ADATA vendent chacun au moins une gamme grand public dépourvue de cette protection en écriture. Depuis, un réglage dédié est apparu dans le logiciel iCUE du premier. HWiNFO couvre les barrettes des deux autres marques. Certaines cartes mères proposent la même option dans leur BIOS. Pour le reste, les chercheurs recommandent de vérifier que Secure Boot est actif sur Windows 11 puis d’installer le Patch Tuesday d’août, ces mises à jour étant cumulatives.

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