© Sinem Görücü / https://betterimagesofai.org / CC BY 4.0 – Les centres de données d'Amazon arriveraient avec une grosse empreinte carbone
Les ambitions climatiques d’Amazon vont peut-être s’effacer derrière sa politique de développement de l’IA. C’est ce que révèle l’association Cleanview, spécialisée dans l’analyse du bilan carbone des centres de données. Au Texas, le géant du commerce électronique s’est lancé dans la construction d’une centrale à gaz démesuré capable d’alimenter à elle seul les centres de données adjacents.
Le projet "GigaWatt Ranch" pourrait ainsi émettre jusqu’à 33 millions de tonnes de gaz à effet de serre par an, soit l’équivalent carbone de 4 millions de tours de la terre en voiture thermique ou l’empreinte annuelle de 3,3 millions de personnes Française. Cela ne ferait d’elle rien de moins que "la principale source de pollution climatique aux États-Unis", note le New York Times.
Si ces usines n’émettent souvent pas autant qu’elles ne sont autorisées à le faire sur papier, la seconde usine la plus polluante aux États-Unis ne pointe qu’à 16 millions de tonnes de CO2 par an. Même si elle tournait à la moitié de ses capacités, l’usine d’Amazon conserverait ce triste record. De fait, par la simple ampleur du projet, l’usine serait plus polluante que la plus polluante usine de charbon du pays.
Interrogé sur les répercussions que ce projet pourrait avoir sur les ambitions climatiques de la firme, qui vise la neutralité carbone d’ici à 2040, Amazon assure que ses plans "n’ont pas évolué" de ce point de vue là. Léger bémol tout de même, une porte-parole explique tout de même que "le monde est aujourd’hui différent par rapport au moment où nous avons signé cet accord". Un début de renoncement ?
L’entreprise ne serait pas la seule à mettre la planète au second rang dans la course à l’IA. Microsoft et Meta ont déjà commencé à renoncer à leurs engagements devant l’énergie considérable requise pour le développement de leurs gigantesques modèles de langage.
Pour Amazon, la création de cette gigantesque usine est une nécessité. En alimentant par elle-même ses centres de données, l’entreprise fonctionne en autonomie sans faire gonfler le prix de l’électricité ou faire risquer de coupures de courant aux populations voisines. "Amazon estime qu’il est de son devoir de prendre en charge l’intégralité des coûts liés à l’alimentation électrique de ses activités", se félicite un communiqué. Et tant pis si cela se paye à coups de millions de tonnes de CO2.
Face aux méthodes plus agressives employées par Elon Musk, qui fait tourner ses usines sans aucun permis, le projet d’Amazon paraît presque sage. Mais il montre surtout à quel point la course à l’échalote dans le monde de l’IA ne s’arrête jamais quand les régulations ne viennent pas jouer les trouble-fête. Et France aussi, l’encadrement de ce genre de projet a été considérablement assoupli il y a peu.
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