Les ordinateurs quantiques vivent enfermés dans des laboratoires, refroidis à quelques fractions de degré du zéro absolu. Une startup allemande vend désormais une machine capable de se glisser dans une baie de serveur ordinaire. Son secret tient dans un diamant de synthèse.
Un ordinateur quantique ne ressemble en rien à la machine posée sur votre bureau. Ses processeurs plongent dans des réfrigérateurs à dilution qui les maintiennent à quelques millièmes de degré au-dessus du zéro absolu, avec les salles dédiées et les équipes spécialisées que cela suppose. Google avait illustré cette approche en dévoilant sa puce Willow et ses performances de calcul hors normes. Froid extrême, vide poussé et pièces blanches restent la règle.
Chaque acteur du quantique mise pourtant sur un type de qubit différent. Microsoft a par exemple exploré une voie inédite avec son processeur Majorana 1 et ses qubits topologiques. D’autres équipes travaillent sur des atomes piégés ou sur le silicium. Une entreprise allemande vient de sortir du lot en mettant sa propre technologie en vente.
SAXON Q, issue de l’université de Leipzig, commercialise depuis cet été deux machines quantiques baptisées SXQ128 et SXQ512. Leurs qubits ne sont pas des circuits supraconducteurs, mais des défauts créés volontairement dans un diamant de synthèse. Chaque unité repose sur un atome d’azote glissé à côté d’une case vide du cristal. Lasers et impulsions micro-ondes viennent ensuite manipuler cet assemblage. Aucun réfrigérateur n’est nécessaire. Fabriquer ces pièges à l’endroit voulu bloquait la filière depuis trente ans. Marius Grundmann, cofondateur de la société, a expliqué à Live Science avoir ajouté du soufre lors de l’implantation pour faire grimper le rendement au-delà de 85 %, contre 1 à 10 % avec les méthodes traditionnelles. L’ensemble tient dans un rack 19 pouces et se branche sur une prise de courant classique.
Ce chiffre de 128 qubits mérite pourtant d’être lu de près. SAXON Q les répartit sur seize cœurs de huit unités réellement intriquées. La comparaison directe avec les puces de Google ou d’IBM perd donc son sens. Elle annonce aussi une fidélité de 99,98 % par qubit, sans vérification indépendante à ce jour. Aucun prix n’a été communiqué, chaque exemplaire étant configuré sur mesure. Sur le terrain, le centre aérospatial allemand DLR et l’institut Fraunhofer IWU exploitent déjà des générations précédentes de ces appareils. Quant aux livraisons de cette machine quantique, elles sont attendues d’ici la fin de l’été.






