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Actualité : Implant cérébral posé en dix minutes par une veine du cou, le pari de la startup chinoise StairMed

© Shutterstock / H_Ko – Implant cérébral posé en dix minutes par une veine du cou, le pari de la startup chinoise StairMed

À Shanghai, StairMed Technology développe une approche qui tranche radicalement avec la chirurgie crânienne pratiquée par Neuralink. Son implant entre par une veine du cou, remonte à travers le système vasculaire jusqu'au cerveau, puis vient s'ancrer juste à l'extérieur de la paroi du vaisseau, au plus près de la région cérébrale visée. Zhao Zhengtuo, co-fondateur de l'entreprise, a détaillé cette méthode lors du Global Health Summit de Hong Kong, en la présentant comme une voie d'insertion beaucoup moins invasive que la trépanation.

Dix minutes contre deux heures. Voilà le chiffre qui retient l'attention et qui vient de Duan Wanru, médecin à l'hôpital Xuanwu. Selon elle, "un chirurgien avec quatre ou cinq ans d'expérience peut positionner le dispositif en aussi peu que 10 minutes". À titre de comparaison, la première chirurgie humaine de Neuralink, en 2024, avait mobilisé un robot chirurgical pendant environ deux heures pour ouvrir le crâne et placer l'implant.

Notez toutefois que ce chiffre de dix minutes reste un objectif, pas un résultat validé. La technique de StairMed n'a pour l'instant été testée que sur des moutons, et les essais humains n'ont pas encore commencé. Rappelons aussi que l'entreprise n'invente pas la voie vasculaire, l'américain Synchron a déjà implanté son dispositif Stentrode chez dix patients dans le cadre d'essais menés aux États-Unis et en Australie depuis 2023. La différence se joue dans le détail anatomique. Le Stentrode se loge à l'intérieur d'un vaisseau sanguin proche du cortex moteur et lit les signaux à travers sa paroi, tandis que le dispositif de StairMed sort du vaisseau pour s'ancrer juste à l'extérieur. En décembre, la start-up a d'ailleurs dévoilé un programme mené avec une équipe de recherche de l'Académie chinoise des sciences, précisément consacré à cette insertion par les vaisseaux sanguins avec ancrage hors de la paroi vasculaire.

L'exemple le plus abouti vient d'une autre entreprise de Shanghai, Neuracle Technology, qui a obtenu la toute première autorisation commerciale mondiale délivrée par un régulateur médical pour une interface cerveau-machine. Son système vise à restaurer une partie des mouvements de la main chez des personnes atteintes de lésions de la moelle épinière. Le dispositif, un appareil sans fil de la taille d'une pièce de monnaie posé sur la surface externe du cerveau, capte les signaux via des électrodes EEG implantées et les transmet à un gant robotique pneumatique, capable de saisir des objets. De fait, la lecture de l'activité du cortex moteur permet de traduire l'intention de mouvement du patient en geste réel, exécuté par la machine.

C'est ce même terrain que vise la voie vasculaire de Synchron et, à terme, celle de StairMed, avec un argument de poids en faveur de cette dernière si elle tient ses promesses. Une pose rapide, sans ouverture du crâne, changerait l'équation pour des patients qui hésitent devant une neurochirurgie lourde.

Le secteur ne manque pas de soutiens financiers. StairMed a levé plus de 1,1 milliard de yuans (environ 163 millions de dollars) au cours de la dernière année, avec Tencent et Alibaba parmi ses investisseurs. À Chengdu, Gestala a de son côté réuni 150 millions de yuans (environ 21,6 millions de dollars) en amorçage pour sa plateforme BCI non invasive à ultrasons. Et aux États-Unis, Precision Neuroscience a décroché l'an dernier une autorisation de la FDA pour son implant flexible en forme de ruban, destiné à la cartographie cérébrale temporaire lors de chirurgies ouvertes.

Vous l'aurez compris, l'enjeu dépasse largement la prouesse médicale. Morgan Stanley projette un marché des implants BCI pouvant atteindre 80 milliards de dollars aux États-Unis seuls d'ici 2035. Pékin, de son côté, s'est fixé un cap précis : faire émerger deux ou trois acteurs chinois capables de rivaliser mondialement dans ce secteur d'ici 2030.

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